La Maison Commune de Florac et des Vallées cévenoles (Lozère)

 

Dès que nous avons appris que le bâtiment de Supagro devait être muré, nous n’avons ni douté ni hésité : nous l’avons occupé. Nous avons repris ce qui est à nous et nous le garderons.
Maintenant nous allons vivre La Maison Commune, un lieu de vie autogéré par ses habitants, ouvert à tous ceux qui souhaitent l’investir en tant que lieu de subversion des échanges sociaux. Remettre l’échange, la gratuité, le don au centre des relations. Nous n’avons rien à vendre, ni marchandises ni services. Nous sommes la dissidence en marche. Ce que nous ferons, nous le dirons. Notre parole est une parole de vérité parce qu’elle s’appuie sur ce qui est fondamentalement humain, la dignité. Ce que nous pensons et avons envie d’expérimenter nous l’exécuterons, car il nous semble nécessaire de mener des tentatives pour clairement afficher que le monde des possibles existe. Un autre monde !
On fait tellement, tous les jours, le constat de l’individualisation qu’agir aujourd’hui en collectif est déjà une menace. Oui le collectif bouscule le train-train du quotidien, la douce somnolence. Mais oui aussi le collectif reste la meilleure arme pour combattre la division. « Raz le cul de la division », comme l’a dit justement l’un d’entre nous à la 1ère Assemblée populaire. Oui, toutes les formes de renoncement, elles sont contenues dans la division des êtres en eux et entre eux, dans les excès de l’individualisme, « le chacun pour soi contre tous »… et cela ne fait que renforcer les intérêts des puissants et des notables, le totalitarisme marchand.
Nous avons retrouvé l’audace d’agir et nous avançons maintenant avec la détermination de construire des échanges vivants, libres, autonomes.
L’aspiration à une existence heureuse et créatrice ne cessera jamais de se manifester.

 

 

DISPARITION DES ÉTUDIANTS D’AYOTZINAPA (MEXIQUE) : LA VERSION OFFICIELLE RÉDUITE EN CENDRES.

B-Mort-a-la-mort

Un méticuleux rapport, rendu public ce 6 septembre 2015 par une commission indépendante dexperts internationaux nommée par la Cour Interaméricaine des Droits de lHomme, laisse à penser que lenquête officielle menée par le gouvernement de Peña Nieto au sujet de la disparition des 43 étudiants dAyotzinapa a été fabriquée de toute pièces, afin docculter la vérité sur les faits survenus cette nuit-là, ainsi que sur le fonctionnement effectif dun vaste trafic de drogue basé à Iguala.

Au Mexique, cela fera bientôt un an. Un an qu’une grande partie de la société et des organisations sociales de ce pays se mobilisent pour la réapparition de 43 étudiants, disparus le 26 septembre 2014 dans la ville d’Iguala, au Guerrero. Partis de l’école normale rurale d’Ayotzinapa, un internat pour fils de paysans pauvres connu pour son activisme social et révolutionnaire, une centaine d’étudiants avaient tenté ce soir-là de réquisitionner différents autobus, afin de pouvoir participer quelques jours tard aux grandes manifestations étudiantes ayant lieu chaque année dans la capitale du Mexique en souvenir des répressions du 2 octobre 1968.

Ce 26 septembre, une répression impitoyable s’était alors abattue sur les jeunes étudiants, traqués et fusillés par la police durant toute une nuit d’horreur: six morts, des dizaines de blessés par balles, et, depuis lors, une montée d’angoisse au sein de toute la société mexicaine, du fait de l’absence totale de nouvelles au sujet des 43 étudiants arrêtés cette nuit-là par les forces de police locales.

Face à la montée du scandale et aux mobilisations chaque fois plus fortes exigeant la réapparition des 43 disparus, une version a rapidement été diffusée dans tous les medias, tant au niveau du Mexique que dans la presse internationale: la police et la mairie locales, totalement infiltrés par le crime organisé, auraient livré les 43 étudiants aux hommes de main du cartel de la drogue contrôlant la région, les “Guerreros Unidos”, qui les auraient alors exécutés, avant d’incinérer leurs corps. La thèse, reprise au niveau fédéral par les investigations officielles, fit l’objet en janvier 2015 d’une énorme mise en scène, appuyée par une reconstitution des faits en images de synthèse, visant à clore officiellement le dossier de la disparition des 43, tout en illustrant une fois de plus la sauvagerie des cartels de la drogue ravageant le Mexique et la nécessité de l’intervention de l’armée et des forces de police fédérales, en réaction à la corruption généralisée des autorités locales (voir l’article : http://www.proceso.com.mx/394126/2015/01/25/peritos-argentinos-ponen-en-duda-autenticidad-de-restos-de-normalistas).

Sommés par le procureur général de la République mexicaine d’accepter la “vérité historique” sur la disparition de leurs enfants, les parents des 43 élèves n’ont toutefois pas cessé depuis lors de dénoncer les graves incohérences de l’enquête, et la totale déresponsabilisation apportée par l’enquête officielle quant à l’implication dans cette disparition de l’armée et des forces de police fédérales, présentes à Iguala durant la nuit de la tragédie.

Près d’un an après les faits, suite à une longue enquête menée par un groupe d’experts indépendants mandatés sur place par la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme, c’est toute la version officielle au sujet de la disparition des 43 étudiants d’Ayotzinapa qui vient d’être réduite en cendres.

Dans un rapport d’investigation de plus de 500 pages rendu public ce dimanche 6 septembre, le Groupe Interdisciplinaire d’Experts Internationaux (GIEI) nommé par la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) a formellement conclu à la totale incohérence scientifique de la version officielle du gouvernement mexicain quant à la disparition des 43, à l’omission dans l’enquête de nombreux témoignages sur les faits survenus ce soir-là, ainsi qu’à l’obstruction, voir à la destruction de preuves d’importance capitale dans la recherche de la vérité sur les faits déroulés ce 26 septembre 2014.

Élément central du rapport, la contre-expertise indépendante des experts internationaux conclue à la totale impossibilité scientifique de la thèse officielle de lincinération des 43 étudiants par des membres du crime organisé durant la nuit du 26 septembre dans une décharge d’ordure située dans une fosse géologique à quelques dizaines de kilomètres de la ville d’Iguala, explication donnée par les enquêteurs du gouvernement mexicain pour justifier l’impossibilité de retrouver les corps des 43 étudiants disparus.

Suite aux études scientifiques effectuées sur place par un expert international en maniement du feu mandaté par le GIEI, le rapport détaille qu’il aurait fallu ce soir-là près de 30 tonnes de bois, 13 tonnes de pneus ou bien 13 tonnes de diesel et une crémation de près de 3 jours consécutifs pour arriver à incinérer totalement 43 corps, comme le prétend l’enquête officielle, information totalement contradictoire avec les “aveux” fournis par les soi-disant coupables présentés par les autorités mexicaines… «Coupables »  dont le GIEI avait déjà dénoncé par le passé les différents signes de torture. Toujours selon l’expert international consulté par le GIEI, l’ampleur du feu nécessaire à la crémation de 43 corps ce soir-là aurait dû aboutir à la formation d’un panache de fumée de près de 300 mètres de haut et à l’incendie de toute la végétation environnante, information démentie par toutes les observations oculaires.

L’invalidation est de taille, car elle ne met pas seulement le doigt sur une simple « erreur de l’enquête », mais questionne par ricochet la possible « fabrication de preuves » de la part de la Procurature Générale de la République mexicaine (PGR), en charge de l’enquête officielle. Les autorités mexicaines avaient en effet fournies comme preuve de l’incinération des “sacs de cendre” provenant de la décharge, sacs soi-disant retrouvés dans la rivière en contrebas et qui avaient déjà fait l’objet par le passé d’une forte polémique de la part des experts légistes indépendants chargés de les analyser (voir « Ayotzinapa, disparition d’Etat » ). Tout porte notamment à croire que les deux ossements fournis par les autorités gouvernementales, et identifiés comme appartenant à l’étudiant de l’école normale rurale Alexander Mora, ne seraient pas issus d’une incinération dans la décharge, mais d’une incinération dans un crématorium, raison pour laquelle le groupe d’expert demande de relancer l’investigation au sujet d’un possible usage de crématoriums civils ou militaires dans l’éventuelle incinération d’un ou de plusieurs des étudiants disparus. A part les ossements calcinés d’Alexander Mora, dont la provenance avait été mise en doute par les médecins légistes argentins chargés de leur identification, rien ne prouve plus désormais que les 43 étudiants disparus cette nuit-là par la police aient été abattus et incinérés par les hommes de main du cartel des « Guerreros Unidos »… Mais toutes les interrogations se posent désormais sur le rôle joué par la PGR dans la fabrication du scénario de l’incinération des étudiants et l’obtention par cette dernière de deux ossements de l’un des 43 étudiants disparus.

Tout aussi fondamental, le rapport met également officiellement en lumière la vigilance et le suivi dont les étudiants étaient lobjet de la part de la police de lEtat, de la police fédérale et de lintelligence militaire durant toute la journée du 26 septembre, bien avant leur arrivée à Iguala, ainsi que différentes mentions de la présence, durant les attaques contre les étudiants effectuées par la police municipale, d’éléments appartenant aux forces de police fédérale et à l’intelligence militaire. Selon les experts, tous les éléments indiquent de plus que la répression déployée à plus de 9 moments différents durant la nuit du 26 septembre obéissait à une coordination centralisée, dont il parait peu probable qu’elle ait été mise en œuvre par des sicaires du crime organisé.

Pour les experts internationaux, l’enquête sur la disparition des 43 étudiants ne peut donc en aucun cas être dissociée, tel que c’est le cas jusqu’à présent dans les investigations officielles, d’une enquête sur les responsables de la chaine de commandement à l’origine de l’incroyable répression policière mise en place ce soir-là. Hors, la teneur exacte des communications téléphoniques des responsables locaux de la police municipale ce soir-là n’a jamais été versée au dossier, et, plus grave, le groupe d’experts internationaux mentionne dans son rapport que le «C4 », le système de coordination informatique et radiophonique des forces de police du Guerrero, semble avoir été sous le contrôle de l’armée durant la soirée, qui en aurait restreint l’usage (page 112 du rapport).

Par ailleurs, un des chauffeurs de bus mentionne avoir été conduit à une maison de sécurité par des forces de police de l’Etat du Guerrero, avant d’être libéré et relâché durant la nuit, témoignage qui n’a jamais abouti à une quelconque enquête sur la nature de cette maison de sécurité, ni du personnel qui y aurait été présent… Sans parler de la détention par des unités de police, au niveau du palais de justice d’Iguala, d’un des cars réquisitionnés par les étudiants, arrestation dont le rapport explique qu’elle n’a pas même fait l’objet d’investigations dans le rapport officiel. Lenquête sur larrestation, le regroupement et lévacuation hors de la ville dIguala des étudiants dAyotzinapa arrêtés par la police dans différents endroits et à différents moments de la nuit du 26 septembre et portés disparus depuis, reste donc toujours entachée jusquà ce jour du brouillard le plus total.

Le rapport des experts internationaux revient également sur les possibles causes de lincroyable répression subite par les étudiants, et le manque de vraisemblance des mobiles fournis par lenquête officielle, qui expliquait la répression par la peur du maire d’Iguala que soit saboté un évènement officiel organisé par sa femme dans le centre de la ville (explication dénuée de fondement pour le GIEI, l’évènement ayant pris fin plus d’une heure avant l’arrivée des étudiants), ainsi que par la «confusion » de la police et du cartel de la drogue local, qui auraient pris les étudiants pour des membres d’un cartel adverse, «los Rojos », venus «attaquer » leur territoire (explication contradictoire avec les rapports radiophoniques transmis tout au long de la soirée par la vigilance policière et militaire des étudiants, faisant état de leur arrivée à proximité d’Iguala en vue de réquisitionner des autobus).

Les experts internationaux suggèrent quant à eux, qu’un des éléments clés dans la compréhension des faits s’étant déroulés ce soir-là pourrait résider dans l’insistance déployée par les forces de police pour empêcher les autobus réquisitionner ce soir-là de sortir de la ville, quel qu’en soit les conséquences… au point d’avoir mitraillé par erreur un bus d’une équipe de football américain sur le point de sortir de la ville, occasionnant de nombreux blessés et la mort de trois personnes. Hors, suivant des enquêtes judiciaires effectuées aux Etats-Unis, il semble que le crime organisé à Iguala utiliserait des autobus de transport de voyageurs trafiqués pour acheminer argent et héroïne hors de cette région de production d’opium. Les experts suggèrent ainsi que le détonateur de la répression aurait pu consister dans le fait que les étudiants se seraient emparés sans le savoir dun ou de plusieurs autobus servant clandestinement au trafic de drogue, raison pour laquelle les forces de police locales liées au crime organisé auraient pris les étudiants en chasse, et auraient déployé contre eux une violence sans précédent.

A cet égard, le rapport met le doigt sur une «omission » de l’enquête jugée capitale par les experts internationaux : la disparition au sein de l’investigation de la PGR de la mention du 3e autobus réquisitionné par les étudiants. L’enquête officielle ne fait en effet allusion qu’aux deux premiers autobus réquisitionnés, le troisième autobus disparaissant totalement de l’enquête officielle. Partis à la recherche des traces de ce troisième autobus, les experts attirent l’attention sur les mensonges fournis à son sujet par le chauffeur de bus auditionné, la disparition d’un certain nombre de vidéos capitales pour l’enquête, et le fait que l’autobus présenté par les autorités à la demande des experts ne semble pas être le bon… Se gardant bien d’expliciter les conséquences de telles omissions et falsifications de preuves, leur mention est en réalité très lourde, car elle suggère qu’il existerait une participation active ou par omission du personnel officiel en charge de l’enquête, des différentes forces de police ainsi que des militaires présent ce soir-là dans le bon fonctionnement et l’occultation du vaste trafic de drogue en opération à Iguala.

Ce que ce rapport des experts internationaux de la commission interaméricaine des droits de l’homme suggère, c’est donc non seulement la responsabilité des autorités étatiques, fédérales et militaires dans la répression et la disparition des étudiants d’Ayotzinapa, mais également l’implication de ces dernières dans l’occultation et le fonctionnement d’un trafic international de stupéfiants en provenance d’une région, le Guerrero, qui, rappelons-le, est désormais considéré comme la principale zone de production d’opium de toute l’Amérique latine.

Le pouvoir des experts se limitant à la simple définition de « recommandations » au gouvernement mexicain, celles-ci paraissent relativement ridicules au regard des implications de l’évocation d’une telle complicité des institutions en charge de l’enquête dans l’occultation des faits ayant eu lieu le 26 septembre.

Mais, plus que les recommandations, dont on se doute que le gouvernement mexicain fera tout pour éviter de les mettre en oeuvre, ce rapport du GIEI constitue un pas fondamental dans la mise à jour officielle de la participation de toute une partie de l’Etat mexicain dans le trafic de drogue et dans la disparition des 43 étudiants d’Ayotzinapa, «crimes d’Etat » que seule la pression de toutes les forces sociales, tant mexicaines qu’internationales, pourront contribuer à mettre à bas.

Siete Nubes

Le rapport et la conférence de presse du Groupe Interdisciplinaire dExperts Indépendants sont consultables en espagnol, ici : http://prensagieiayotzi.wix.com/giei-ayotzinapa

Et là: http://www.centrodemedioslibres.org/2015/09/06/informe-ayotzinapa-del-grupo-interdisciplinario-de-expertos-independientes-de-la-cidh/).

Mexique : État de siège à Tixtla de Guerrero.

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Comme il fallait s’y attendre, l’intention du gouvernement mexicain est de
garantir de manière “pacifique” la journée électorale de dimanche
prochain. Une des mesures que le gouvernement fédéral a entreprises est
celle d’encercler la ville.

Il y a quelques jours, des équipements militaires impressionnants ont été
transportés vers Guerrero: des chars blindés, des tanques, etc. Depuis
lundi soir, des barrages routiers imposants ont été installés par l’armée,
la gendarmerie, la Police fédérale et les Marines et ce, dans les trois
voies d’accès à la ville.

Comme nous l’avons déjà dit publiquement; ceux et celles qui luttons
depuis 8 mois pour exiger la présentation en vie des #43 collègues, nous
nous opposons à la tenue des élections à Guerrero. Les raisons ont été
exposées à plusieurs reprises, mais elles pointent toutes vers un fait
évident: parmi ceux qui se proposent comme candidats pour obtenir un poste
public, ils ont des liens avec les groupes de la délinquance organisée.

Nous ignorons si avec ces mesures, ils veulent nous laisser hors de combat
dans cette période électorale, c’est-à-dire nous laisser sans capacité de
mobilisation ou bien, il y a d’autres intentions avec notre école. Étant
donné l’historique d’agressions et de menaces de fermer l’école nous
craignons le pire.

Lundi soir, huit collègues de l’école ont été arrêtés et libérés quelques
heures après, grâce à une réponse organisée de la part des parents,
d’élèves, des organisations et organismes de droits de la personne. Mardi,
une fois de plus, une attaque violente s’est produite contre le mouvement
par les forces de l’ordre.

Ceci n’arrive pas seulement à Guerrero, le harcèlement et la présence
militaire est devenue constante à Oaxaca, Michoacan et Atenco.

Le pays est sous haute tension.

Les élections ne définiront pas le futur du pays, elles ne produiront pas
le changement. Qu’il y ait des élections ou pas, notre lutte continuera.
Nous vous demandons à tous d’être attentifs à ce qui arrivera dans dans
les prochaines heures et jours, mais surtout à ce qui arrivera après la
scandaleuse journée électorale.

L’état Mexicain cherche à se légitimer, à légitimer plus d’assassinats,
plus d’injustice, plus de pauvreté et corruption. PAS NOUS!

Car VIVANTS ILS LES ONT EMPORTÉS, VIVANTS NOUS LES VOULONS!!!

Omar Garcia

3 juin 2015

Ayotzinapa et le Conseil Municipal Populaire de Tixtla

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La municipalité de Tixtla où est situé l’école normale rurale d’Ayotzinapa
est en effervescence depuis le 30 mai dernier.

Dans cette région d’où sont originaires 14 des étudiants disparus
d’Ayotzinapa, le palais municipal du chef-lieu avait été fermé par le
mouvement de lutte depuis le 21 octobre dernier et les autorités locales,
liées au narco, expulsées des bâtiments officiels (le frère du président
municipal de Tixtla, Jorge Vargas Alcaraz – Parti de la Révolution
Démocratique, était le chef local du cartel criminel “Los Rojos”).

Fatigués de la corruption et de l’impunité de la classe politique, les
parents d’Ayotzinapa, qui promeuvent depuis des mois le boycott des
prochaines élections, travaillent depuis un moment à la formation d’un
conseil populaire municipal anti-partidaire á Tixtla, cette bourgade où,
en 1732, est né Vincente Guerrero.

Samedi dernier les parents et les étudiants d’Ayotzinapa ainsi que
diverses organisations sociales décidèrent de mettre en place une
“Assemblée Permanente pour le boycott des élections” afin de coordonner
les différentes actions de rejet des élections dans l’Etat du Guerrero.
Cela, dans un contexte de répression croissante et de militarisation
généralisée.

Depuis des semaines, tous les évènements de propagande politique sont
prohibés dans cette petite ville, et toutes les affiches à caractère
électoral y ont été retirées. Les parents des disparus et le mouvement
d’Ayotzinapa contrôlent l’accès à la ville et s’opposent au passage des
forces policières et des militaires le long de la route reliant
Chilpancingo á Tlapa. Mais ceux-ci leur bloquent également le passage vers
la capitale de l’Etat, où les professeurs en lutte de la Coordination des
Travailleurs de l’Education de l’Etat du Guerrero (CETEG) réalisent
quotidiennement des actions contre les prochaines élections (blocages de
bâtiments publics et destruction de propagande électorale).

Plus bas, un communiqué du Conseil Populaire de Tixtla daté du 31 mai,
ainsi qu’une lettre d’Omar Garcia, survivant d’Ayotzinapa, dans lequel
celui-ci dénonce le blocus policier autour de la ville de Tixtla. De fait,
des compas nous ont informés que les forces de police ne laissent plus
aucun bus sortir de Tixtla, et que tous les autobus de transport allant
dans cette direction sont systématiquement fouillés. Un camion de
touristes vient à peine d’en faire les frais, tous les passagers ayant dû
se soumettre à une fouille totale du véhicule.

Il faut aussi souligner que depuis 2013, Tixtla est la cible d’une forte
répression de la part de l’Etat du fait de la création dans cette petite
municipalité située à moins d’une demi-heure de la capitale du Guerrero
d’une police communautaire, jugée trop radicale au gout du pouvoir (ou
bien des narcos locaux, qui, étant à la tête du pouvoir municipal, ne
semblent jamais avoir été inquiétés par l’Etat…).

Liés aux polices communautaires d’Ayutla (maison de justice d’El Paraiso),
d’Olinala (Nestora Salgado), de Huamuxtitlan et d’autres municipalités,
les communautaires locaux durent affronter les tentatives de
désarticulation de l’Etat, et le promoteur local de la police
communautaire, Gonzalo Molina, est emprisonné depuis novembre 2013. Il est
actuellement en grève de la faim, tout comme la commandante des polices
communautaires Nestora Salgado, afin de demander leur libération et celle
d’autres prisonniers politiques du Geurrero.

(notes 7nubS)

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Communiqué du conseil populaire de Tixtla (31 mai)
———————————————-

Aux organismes des droits humains
Aux organisations sociales et aux collectifs
Aux médias
Au peuple en général

Peuple du Guerrero et peuple de Mexico, nous tenons á dénoncer
publiquement le harcèlement que les gouvernements fédéral et de l’Etat du
Guerrero exercent contre les parents d’Ayotzinapa, contre les jeunes de la
normale, contre les instituteurs et contre les citoyens mobilisés afin
d’exiger la présentation en vie des 43 jeunes victimes de disparition
forcée de la part de l’Etat.

Une persécution qui s’est accentué durant les dernières semaines, à
travers l’infiltration d’agents ministériels en civil afin de surveiller
et d’intimider les gens mobilisés contre les échéances électorales,
l’envoi de convois de militaires et de troupes de la marine afin de
patrouiller et d’intimider le peuple. Ces stratégies d’intimidation, de
persécution et de harcèlement contre les citoyens mobilisés se sont
renforcés après la déclaration faite par les parents des 43 disparus
affirmant qu’au Guerrero il n’y aura pas d’élections, tout
particulièrement a Tixtla, car c’est la municipalité ou se trouve l’école
normale d’Ayotzinapa.

La posture de REJET DES ELECTIONS reste ferme, car les évènements du 26 et
27 septembre 2014 sont un crime de lèse-humanité, parce que la collusion
du narcotrafic avec le gouvernement est évidente, que la collaboration et
la complicité entre la force publique, ses patrouilles et leurs armes est
prouvée et reconnue par toutes les investigations; parce que nous exigeons
que soit juge politiquement l’ex-gouverneur du Guerrero Ángel Aguirre
Rivero, le maire d’Iguala José Luis Abarca Velázquez et María de los
Ángeles Pineda Villa, et eviter ainsi que soit diluée leur responsabilité
dans les faits survenus. La dignité du peuple ne permettra pas que soient
installées les urnes électorales, car nous font défaut 43 étudiants de la
normale, parce que la justice n’a pas été rendue pour les personnes
assassinées, parce que nous avons des prisonniers politiques, parce qu’il
n y a pas de démocratie, parce qu’aucun parti politique nous représente et
parce que c’est l’Institut National Electoral, au travers des élections,
qui a mis au pouvoir des candidats politiques lies au narcotrafic.

En raison de ce qui a été dit précédemment, le peuple de Tixtla a maintenu
l’occupation de la présidence municipale, empêchant son organisation et
son fonctionnement, car cette structure imposée par le système des partis
nous a seulement apporte la misère, la spoliation de nos biens,
l’endettement de la municipalité, le souillage du palais municipal et du
lieu de naissance de Vincente Guerrero, l’insécurité, les extorsions, les
enlèvements, les prisonniers politiques et les disparitions forcées. Forts
du soutien du peuple organisé et du ras-le-bol devant le saccage de nos
biens, nous décidons de nous prononcer en faveur de processus alternatifs
par lesquels le peuple puisse décider de sa forme de gouvernement, pour le
bien de nos communautés et contre l’écrasement des droits humains.

Nous portons a votre connaissance le fait que depuis le mois d’avril de
cette année des assemblées populaires se sont mises en place en faveur de
la construction du Conseil Municipal Populaire en tant que forme de
gouvernement; nous avons réalisé une diffusion constante au sein des
communautés et des quartiers afin de dénoncer la farce électorale, avec
l’intention de construire un gouvernement légitime du peuple, sans
l’intervention du système électoral et des partis politiques, sans
l’intromission d’aucun politicien, en ne comptant que sur la voix des
femmes et des hommes travailleurs; un gouvernement dans lequel nos
représentants seraient élus durant des assemblées populaires, organe de
décision suprême de nos communautés et de nos quartiers, a main levée et
sans carte d’électeur, afin d’éviter le gaspillage économique des
campagnes électorales, qui ne font que laisser le peuple dans la misère.
Sans doute aucun, ces espaces autonomes représentent une menace pour les
intérêts privés, partidaires et gouvernementaux qui, au travers de la
répression, prétendent faire disparaitre les tentatives d’organisation de
la population en chemin vers l’autonomie.

Sur le chemin de l’autodétermination, s’est déroulée le 30 mai de cette
année la 5e Assemblée Populaire de Tixtla au sein des installations de
l’auditorium municipal, avec la représentation des parents des 43
disparus, le comité étudiant d’Ayotzinapa, la FECSUM (Fédération des
Etudiants Paysans Socialistes Unis du Mexique), le FUNPEG (Front Uni des
ecoles Normales Publiques de l’Etat du Guerrero), le corps professoral de
Tixtla, la commission élargie de la CETEG (Centrale des Travailleurs de
l’Education de l’Etat du Guerrero), des commerçants, des paysans, des
employés des transports, la police communautaire, le MPG (Mouvement
Populaire du Guerrero) de Chilpancingo [capitale de l’Etat], des
représentants des quartiers, des universitaires le Front des Artistes pour
Ayotzinapa, le Front oriental et des citoyens de Tixtla, approuvant en
Assemblée les résolutions suivantes:

1.      la formation d’une direction collective base sur la représentation des
organisations présentes, afin de coordonner les actions émanées de
l’Assemblée

2.      l’installation de l’assemblée permanente, qui sessionera
quotidiennement jusqu’ au 8 juin 2015

3.      la prise pour centre d’opérations des installations occupées par
l’auditorium municipal

4.      l’installation d’un campement dans le palais municipal, avec les
organisations sociales et le peuple en général.

5.       La convocation d’observateurs et de visiteurs protecteurs des Droits
Humains afin de suivre les actions en cours du 1er au 7 juin.

6.       La convocation des medias libres afin d’assurer la couverture des
activités qui auront lieu durant la dernière semaine du boycott électoral.

7.      L’accueil des caravanes des collectifs d’Oaxaca, du Guanajuato et de la
FECSUM qui viendront renforcer le campement.

8.      La mise en place d’une radio communautaire et la recherche des espaces
radio et télévisés au sein de la municipalité afin d’informer les citoyens
au sujet des actions en cours du 1er au 7 juin de cette année.

9.      La réalisation d’activités culturelles dans différents lieux de la
ville durant la semaine de boycott électoral.

10.     La mise en place de caravanes dans les communautés, colonies et
quartiers afin de se débarrasser des déchets électoraux, et afin
d’informer la citoyenneté au sujet des Conseils Municipaux Populaires.

11.     Participer à l’invitation faite par le comité pour la libération de
Nestora Salgado afin d’assister à la conférence de presse pour les
disparus et les prisonniers politiques le 1er juin à midi dans les
installations du CENCOS au DF.

Face à ces actions mises en place afin d’éviter les élections a Tixtla,
les trois niveaux de gouvernement entremis avec les partis politiques
mettent en place la répression et affutent leurs griffes contre la
légitime décision du peuple. Face à ces menaces nous portons le gouverneur
intérimaire Rogelio Ortega Martinez responsable des menaces et des
suggestions d’emploi de la forcé répressive contre ceux qui s’opposent aux
échéances électorales tout en laissant entrevoir leurs intérêts
partidaires; ainsi que  David Martínez Valadez ex Syndic et Procureur de
la mairie défunte, qui a porté des menaces publiques le 4 mai dernier par
le biais du quotidien Diario Guerrero.

Ce sont eux les responsables des menaces contre la citoyenneté mobilisée
et de la répression contre le peuple, de toute agression physique et
psychologique contre n’importe lequel de nos compañeros mobilisés ainsi
que de leurs familles. Nous désignons et portons aussi tous les partis
politiques et leurs candidats pour responsables, car ils ont semé la
confrontation au sein du peuple au travers de leurs campagnes politiques
dans une tentative de provocation aux fins de déstabilisation sociale:
nous signalons identiquement l’Institut National Electoral et tous ses
membres pour la provocation de la citoyenneté au travers de la
militarisation des remises de bulletins électoraux dans le Guerrero; ainsi
que les medias de désinformation payes par l’Etat, et toutes les personnes
agissant à leur propre compte.

Nous dénonçons les stratégies médiatiques et la force répressive utilisée
par les trois niveaux du gouvernement afin d’écraser ce digne mouvement et
mettre en place la farce électorale; nous savons que le gouvernement
fasciste continue à utiliser comme moyen de contrôle le massacre, la
disparition forcée, les assassinats politiques, la torture et
l’incarcération des lutteurs sociaux. Raison pour laquelle nous faisons
connaitre les faits de répression suivants, qui constituent un clair
avertissement de l’Etat face à la résistance du peuple durant les
échéances électorales:

1.      La répression et l’expulsion des instituteurs le 24 février dernier á
l’aéroport d’Acapulco, Guerrero, durant laquelle un instituteur retraité a
perdu la vie aux mains des forces fédérales, des femmes ont été violées,
106 personnes détenues et des centaines de professeurs violemment frappes
de manière sauvage.

2.       La détention arbitraire de 3 pères de famille des 43 disparus le 20
mai dernier au péage autoroutier du Morelos, utilisée comme moyen de
distraction contre le mouvement afin de faire rentrer à cette même date
les bulletins électoraux dans le Guerrero sous la vigilance des forces
armées.

3.      Le harcèlement des agents du ministère contre les jeunes d Ayotzinapa
lorsqu’ ils sont détenus de manière arbitraire.

4.      La persécution et le harcèlement de la Force fédérale ayant eu lieu
durant l’après-midi du 29 mai de cette année contre les parents et les
jeunes d Ayotzinapa alors que se déroulait un meeting et qu’était retirée
la propagande électorale, en face du marché municipal de Chilpancingo.

5.      Les menaces et le harcèlement durant leur détention de 7 jeunes des
écoles normales appartenant à la FUNPEG, étudiant a l’école normale
“Rafael Ramirez”, de la part des forces policières de l’Etat du Guerrero
dans la ville de Chilpancingo, durant le milieu de journée du 30 mai.

6.      La répression exercée avec des gaz lacrymogènes et du gaza u poivre
contre les compañeros instituteurs de la CETEG le 30 mai là où se situe
leur campement, sur la place du zocalo de Chilpancingo.

Face à ces menaces, nous lançons un appel aux visiteurs et observateurs
des droits des organismes des droits de l’homme afin de réaliser un suivi
des activités qui auront lieu du 1er au 7 juin et que les autorités
compétentes soient sollicitées et que les mesures de prévention
nécessaires soient prises afin d’éviter la commission de faits ou de
réclamations irréparables, ou la production de dommages difficilement
réparables pour les victimes. Ainsi  que des brigades civiles
d’observation de la part des collectifs et des organisations afin de
couvrir les actions réalisées durant cette semaine précèdent les échéances
électorales au Guerrero.

De la part des politiciens, nous exigeons qu’ils respectent la décision du
peuple et les douleurs des parents des disparus.

Au Guerrero et á Tixtla il ne peut pas y avoir d’élections parce qu’il n’y
a pas de justice, parce qu’aucun parti politique ne nous représente, et
que leurs campagnes politiques électorales démontrent leur indifférence
face á ce crime de lèse humanité.

Nous avertissons les 3 niveaux de gouvernement que nous ne permettrons pas
la militarisation de notre municipalité, qu’ils cessent de provoquer le
peuple en imposant leurs urnes électorales par la présence des forces
répressives, qu’ils respectent la décision des citoyens de ne pas vouloir
des élections, qu’ils comprennent que les gens dignes de Tixtla se sont
soulevés contre la partitocratie. On ne veut plus de ces parasites qui
nous spolient de nos biens et qui nous laissent dans la misère, nous
voulons que les ressources arrivent aux communautés, et qu’il n’y ait pas
besoin de réaliser des manifestations pour qu’il y ait des travaux publics
et du développement social; comme citoyens et comme communautés organisées
nous avons le droit d’administrer nos ressources en accord avec la loi
701, tout comme nous avons le droit de nous organiser et de manifester
contre l’oligarchie qui gouverne ce pays, et ne pas permettre qu’ elle
continue a le saccager.

Nous ne voulons pas d’un autre massacre, nous ne voulons pas d’autres
morts au Guerrero. Nous ne cherchons pas la confrontation avec les forces
répressives, nous voulons simplement que soient respectées la décision du
peuple digne, du peuple organisé. Nous ne voulons pas d’un autre Tlatlaya
[22 personnes exécutées par l’armée dans l’Etat du Guerrero le 30 juin
2014 trois mois avant Ayotzinapa], d’un autre Tanhuato (Michoacán)
[dernier massacre en date: 42 soi-disant narcos exécutes par la police au
Michoacán ce 22 mai 2015…idem aussi le 6 janvier dernier contre les
auto-défenses rebelles a Apatzingan, Michoacán: 16 morts], cas ou des
armes ont été disposées après coup auprès des manifestants.

Nous rejetons énergiquement les stratégies orchestrées par l’Etat en vue
de permettre l’entrée des groupes criminels à Tixtla afin de justifier la
militarisation de la zone.

Militaires, forces de la marine, fédéraux, agents de police ministériels,
flics municipaux hors de Tixtla!

Marre que vous imposiez votre pseudo-démocratie avec la forcé militaire!

Nous ne voulons pas d’un autre massacre!

Nous ne permettrons pas l’installation des urnes!

Que la farce électorale sorte d’ici!

Que le mauvais gouvernement s’en aille!

Il n’y aura pas d’élections à Tixtla!

NOUS EXIGEONS:

La présentation en vie des 43 disparus!

Le jugement politique d’Aguirre Rivero, Abarca Velázquez et Pineda Villa!

La punition des auteurs intellectuels, matériels et des coupables de
non-intervention!

Parce qu’en vie ils les ont emportés, c’est vivants que nous voulons les
retrouver!

¡Ayotzi vive, la lucha sigue!

Tixtla de Guerrero, Guerrero, 31 mai 2015
“Ici ou le peuple commande, le gouvernement obéit”


source :
http://regeneracionradio.org/index.php/portada/item/4578-comunicado-del-consejo-popular-de-tixtla-guerrero
trad 7nubS

la révolte des ouvriers agricoles de San Quintín

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La révolte des ouvriers agricoles de la région de San Quintin
(Basse-Californie), est, depuis deux mois, au centre de l attention
politique et sociale au Mexique.

Tout comme l’Andalousie pour la production horticole en Europe, elle est
révélatrice de l’esclavage moderne sur laquelle s’appuie aujourd’hui
l’industrie agro-alimentaire des fruits et légumes: c’est en effet un
salaire de misere (100 pesos par jour, 6 euros) que recoivent les pres de
80 000 travailleurs agricoles qui y travaillent, la plupart d’origine
indienne, migrants des Etats de Guerrero et de Oaxaca (mixteques et
triquis principalement). Les ouvriers et ouvrieres agricoles qui y sont
etablis vivent dans une multitude de hameaux sommaires, bien souvent sans
electricité ni réseau d’eau potable, et sans aucune infrastructure de
santé d’éducation ou bien de couverture sociale.

Les entreprises horticoles de la région, exportant vers les Etats-Unis, le
Canada, l’Europe et bientot les marchés asiatiques, sont pourtant parmi
les plus modernes, puissantes et sophistiquées de tout le Mexique, á la
pointe des nouvelles technologies de l’agro-business, et comptant sur les
nombreux cadeaux des autorités gouvernementales, que ce soit en matiére d
impots, de prix de l’électricité pou bien de facilités d’investissement.

Ce véritable esclavage moderne, si similaire á celui décrit par Turner au
début du siécle dans « le Mexique barbare » et dont l’Andalousie, la région
de Rosarno en Italie ou bien certaines régions du sud-est de la France ne
sont pas si éloignées, a cependant été violemment remis en question avec
l’éclatement de la gréve générale le 17 mars dernier, et le blocage sur
prés de 120 km de l’autoroute connectant la région aux Etats-Unis.

Menée par l’Alliance nationale, régionale et municipale pour la justice
sociale, le mouvement de gréve, qui compte sur la trés forte solidarité de
nombreuses associations de travailleurs chicanos des Etats-Unis, maintient
depuis lors une lutte déterninée afin d’obtenir toute une série
d’amélioration de leurs conditions de vie, allant du doublement des
salaires á l’obtention de la sécurité sociale, la construction d’écoles et
de cliniques et la répression du harcément sexuel des travailleuses
agricoles.

Le mouvement de gréve s’appuie sur l’assentiment général des habitants et
des principales organisations syndicales de lutte au Mexique ainsi qu’aux
Etats-Unis chez les américains d’origine mexicaine, ainsi que sur le
soutien manifesté par de nombreuses autres grandes luttes et forces
politiques mexicaines, dont entre autres le Congrés National Indigéne, les
péres et méres de familles d’Ayotzinapa, ou bien l’Armée Zapatiste de
Libération Nationale (EZLN).

Toutefois, le gouvernement de l’Etat de Basse-Californie et le
gouvernement fédéral mexicain semblent plutot chercher a mettre un terme
au mouvement par la répression plutot que par la négociation. C’est en
tout cas ce que suggérent les derniéres opérations de police de samedi
dernier: alors que le gouverneur local de l’Etat devait tenir une réunion
le vendredi 8 mai avec les travailleurs agricoles au sujet de leurs
revendications, celui-ci ne s’est finalement jamais déplacé sur place,
menacant meme au téléphone l’un des porte-parole l’ayant appelé pour le
questionner sur son absence á la réunion.

Le samedi, par contre, ce sont plusieurs dizaines de véhicules de police
qui effectuérent une descente de police, dans quelques uns des principaux
hameaux des ouvriers agricoles en gréve. L’opération a cependant été un
échec total, devant la résistance déterminée des habitants qui ont
endommagé plusieurs véhicules de police dont un tank anti-émeutes,
obligeant les forces de police á se replier. Il y a cependant plusieurs
dizaines de blessés, 4 travailleurs agricoles emprisonnés depuis
(s’ajoutant á une quinzaine d’autres emprisonnés auparavant pour les
blocages d’autoroute), et, plus que tout, le refus du gouverneur de venir
négocier á San Quintin ce mercredi, arguant de « possibles menaces quant á
sa sécurité personnelle ».

En l’attente de la reprise des négociations, le mouvement de gréve de ces
milliers de travailleurs agricoles envisage un durcissement de ces
actions, á travers l’organisation d’un boycott des fruits et légumes aux
Etats-Unis, et la possible opposition á la tenue sur place du processus
électoral en juin prochain.

Siete Nubes.

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quelques articles en francais pour aller plus loin:

Basse Californie – La révolte des cueilleurs de fraises !

http://www.legrandjournal.com.mx/2015/05/la-revolte-des-cueilleurs-de-fraises-a-porte-ses-fruits/

—————————
Mexique : la vie des journaliers agricoles, quand le rêve devient un
cauchemard

http://www.24matins.fr/topnews/mexique-la-vie-des-journaliers-agricoles-quand-le-reve-devient-un-cauchemard-180895

—————————
Fidel Sanchez Gabriel: un personnage à la Galeano
http://alencontre.org/ameriques/amelat/fidel-sanchez-gabriel-un-personnage-a-la-galeano.html

—————————
Agriculture pour l’exportation et peuplement rural dans la région
frontalière Mexique/États-Unis : San Quintin en Basse Californie

http://cal.revues.org/1854

Ayotzinapa, disparition d’État

JULIO CESAR MONDRAGON

Par Siete nubes

lien: http://www.article11.info/?Ayotzinapa-disparition-d-Etat#pagination_page

Le 26 septembre dernier, au Mexique, une atroce répression frappait les étudiants de l’école normale rurale d’Ayotzinapa. Quatre mois plus tard, 43 d’entre eux restent introuvables. Le 26 janvier 2015, des manifestations de soutien étaient organisées dans plusieurs villes du Mexique et du monde entier. Retour sur le bras de fer opposant le gouvernement mexicain au mouvement social et aux proches des disparus.

Lire la suite

Un article de Radio zinzine traitant du contexte du massacre d’Ayotzinapa

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par Tuttle (Radio Zinzine)

Le Mexique a défrayé la chronique à cause de l’attaque subie par les étudiants de l’école Normale rurale «Raùl Isidro Burgos» la nuit du 26 au 27 septembre 2014 qui s’est soldée par 6 morts, dont trois étudiants, 25
blessés dont un en coma dépassé et 43 disparus. Nous vous proposons un retour sur ces faits et quelques analyses sur leurs significations dans le Mexique actuel. Lire la suite

Par monts et par vaux, en bas et à gauche

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par Tuttle et Batchi

L’EZLN a convoqué en cette fin d’année 2014 le premier festival mondial
des résistances et rébellions contre le capitalisme. Cette initiative est
une nouvelle tentative des zapatistes de s’ouvrir hors secteurs indigènes
tout en réaffirmant avec détermination la nécessité de l’union des forces
indigènes regroupées au sein du Congrès National Indigène. La
modernisation du capitalisme en capitalisme d’extraction entraîne
d’énormes projets d’infrastructure dans le monde et donc aussi au Mexique.
Les terres, entre autres indigènes, sont menacées par de tels projets.
Comment unir les forces ? Comment s’organiser ? Comment faire face à la
répression brutale et arbitraire ? Quelles solidarités construire ? Voici
quelques-unes des questions soulevées dès le départ par ce Festival, avant
que l’ignominie des morts et disparus d’Ayotzinapa n’influe sur le fond et
sur la forme de cette rencontre. Lire la suite

Dans le Mexique d’Ayotzinapa : quand le monde d’en-haut s’effondre, écouter les voix d’en-bas

jeudi 4 décembre 2014, par Jérôme Baschet

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« Vous avez entendu ?
C’est le bruit de leur monde qui s’écroule,
c’est celui du nôtre qui resurgit. »

Communiqué de l’EZLN, 21 décembre 2012.

Depuis deux mois, la situation au Mexique — où les massacres, les disparitions forcées et la violence massive de la supposée « guerre contre le narco » n’ont pourtant rien d’inédit — est devenue littéralement intenable. L’atrocité d’Iguala est connue de tous. Dans la nuit du 26 au 27 septembre dernier, les policiers de la troisième ville de l’État du Guerrero tirent en rafales sur plusieurs autobus transportant des étudiants de l’école normale rurale d’Ayotzinapa (et, dans la confusion, sur un autre où voyageait une équipe de football juvénile), faisant de nombreux blessés graves et tuant six jeunes gens — l’un d’eux retrouvé torturé, les yeux et la peau du visage arrachés —, tandis qu’une seconde attaque, perpétrée au moment où les survivants tentaient d’informer des journalistes locaux, mène à la disparition de quarante-trois étudiants, conduits au poste de police, jetés dans des camionnettes officielles, puis remis aux sicaires du cartel « Guerreros Unidos », sans qu’on sache, de manière absolument certaine, ce qu’ils sont devenus depuis. Le tout ordonné par José Luis Abarca, le maire de la ville, semble-t-il parce qu’il craignait que les étudiants ne viennent perturber les festivités devant marquer le lancement de la campagne municipale de son épouse, par ailleurs réputée être la principale opératrice des « Guerreros Unidos » à Iguala. Plongeant à cœur blessé dans l’horreur de la nuit d’Iguala, des millions de Mexicains se retrouvent immergés dans une douleur et une colère qui ne s’apaisent pas.

Depuis, pas un jour ne passe sans apporter d’autres nouvelles qui amplifient encore le gouffre sans fond qu’Iguala a commencé à révéler aux yeux de tous. En cherchant les étudiants, des dizaines de fosses sont découvertes. Ce ne sont pas les étudiants, mais qui alors ? Au fil des semaines, Mexico se transforme en un immense cimetière clandestin. À chaque matin, la même litanie : Seigneur procureur, donnez-nous notre fosse quotidienne… Pas un jour de trêve, pour penser que les choses pourraient « rentrer dans l’ordre ». Il n’y a plus d’ordre qui tienne.

Quelques fragments de ce calendrier maudit :

Lire la suite

Mexico : Liberté pour les prisonniers et les prisonnières du 20 novembre

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Introduction :

Partout au Mexique et dans plusieurs endroits du Monde, des manifestations
ont eu lieu ce 20 novembre représentant ainsi la quatrième journée
nationale et internationale de mobilisation pour la présentation en vie
des 43 étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa, Guerrero, disparus
depuis le 26 septembre 2014. Le Mexique vit un état de répression,
d’intimidation et de criminalisation de plus en plus grandissante où le
discours gouvernemental venant du président Enrique Pena Nieto, de son
Armée et de ses médias vendus, rappelle le discours du Président Gustavo
Díaz Ordaz (1964 à 1970) : « les forces obscures désirent déstabiliser la
nation », des paroles largement connues de toute une génération mexicaine
et qui furent prononcées quelques semaines avant le massacre d’étudiants à
Tlatelolco en 1968.

« Il semblerait que les protestations violentes concernant les faits
d’Ayotzinapa répondent à une volonté de générer « une déstabilisation, un
désordre social » et « d’attenter au projet de Nation » que j’ai impulsé »
a signalé le président Enrique Peña Nieto, le mardi 18 novembre, deux
jours avant la quatrième journée de mobilisation. En se servant des
médias, comme il l’a déjà fait lors de la manifestation contre son
investiture présidentielle le 1er décembre 2012, le président et son
gouvernement, lancent une fois de plus une campagne de lynchage contre les
« déstabilisateurs », «les infiltrés », « les encagoulés », ils lancent à
nouveau une vague de répression, d’intimidation et d’arrestations.

Dans ce contexte, la mobilisation populaire continue en avant en se posant
de nouvelles questions sur la suite : comment mener la protestation ?
quelle est l’étape suivante ? Cependant aujourd’hui comme en 1968, une
chose est claire pour le peuple… le responsable est l’État, un narco-état
qui est en train de s’écrouler de lui-même .

Suite à la 4e manifestation massive qui a eu lieu dans la ville de Mexico
ce 20 novembre, le Réseau nationale contre la Répression et pour la
Solidarité – qui regroupe des dizaines d’organisations et des collectifs
adhérents à la sixième déclaration lancée par les zapatistes- déclare :

… »C’est avec indignation que nous avons appris que plusieurs
arrestations ont eu lieu pendant la nuit, lors du déroulement de la Marche
Nationale, quand à nouveau, la police Fédérale et les CRS ont dispersé la
manifestation par la répression, avec des gaz lacrymogène, des coups de
matraques et de boucliers, en balayant littéralement la place centrale du
Zocalo, en agressant toute personne qui se trouvait en face, en laissant
des personnes blessées, pratiquement inconscientes sous les coups reçus ».

« Nous, entant que Réseau contre la Répression et pour la Solidarité,
condamnons la répression exercée contre ceux qui, hier (20 novembre), sont
sortis dans la rue manifester leur rage et leur douleur, qui s’appelle
Ayotzinapa et qui n’est qu’un symptôme de tout le ras le bol des personnes
qui restent debout face au cauchemar qui se vit au Mexique. Nous rejetons
les arguments qui cherchent à présenter les diverses formes de lutte comme
des « provocateurs » ou des « infiltrés ». Les vrais responsables de la
violence ne s’habillent pas en noir et ne mettent pas de capuche, les
vrais responsables de la violence s’habillent avec l’uniforme bleu et vert
olive, mettent des casques, utilisent des boucliers, des matraques, des
balles en caoutchouc, des armes à feu, ce sont ceux qui historiquement,
ont pour fonction de réprimer ceux d’en bas. Pour nous tous et toutes, la
police, les armées fédérales ne sont pas « le peuple en uniforme et
exploité », leurs actions ne sont pas le résultat de « provocations » mais
l’exécution des ordres donnés par les patrons, par leurs maîtres, par ceux
qui se trouvent à Los Pinos (ndt : équivalent à l’Élysée) dans les
Congres, les Palais, dans les médias de communication commerciaux,  à la
bourse ».

« Depuis le Réseau contre la Répression, nous le disons haut et fort : les
seuls infiltrés dans les mobilisations et dans les cortèges s’appellent
dignité et rébellion. Nous savons que les actions menées par toute
personne, collectif, groupe ou organisation sont une réponse face au
pillage, à l’exploitation, au mépris, et à la répression que nous vivons
tous et toutes au quotidien, la violence, elle, se nomme système
capitaliste » (…)

Traduit par les trois passants et Caracol Solidario

Nous vous invitons à consulter ce communiqué en entier ainsi qu’à
consulter l’article Manifestations et actions pour Ayotzinapa, l’État
réprime et emprisonne +  quelques VIDÉOS et un Reportage photo intitulé
« Solidaridad y terrorismo de Estado » fait par Regeneracion Radio-Mexique.
Sur: http://liberonsles.wordpress.com/

Notre douleur, notre rage

 

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Ayotzinapa, Mexique: Notre douleur, notre rage (communiqué international)

Notre douleur, notre rage
Et maintenant comment faire pour continuer à avancer dans cette nouvelle
étape?

Depuis le 26 septembre 2014, le Mexique se voit tel qu’il est et le monde
à nouveau découvre une réalité que l’on ne peut plus cacher et qui s’est
révélée de la façon la plus terrible qui soit. Iguala est le lieu où le
Mexique de douleur et de mort ne peut plus ignorer sa réalité, c’est le
lieu qui a empli le monde entier d’indignation, c’est le lieu où le secret
muet s’est converti en un cri de douleur et de rage.

43 étudiants disparus, trois étudiants assassinés. Tous assassinés et
disparus à Iguala, tous assassinés et disparus par l’État. Tous assassinés
et disparus par le pacte d’impunité qui lie la classe politique.

Mais désormais il ne suffit plus de parler d’impunité car les institutions
qui auraient dû exercer la justice non seulement ne le font pas mais elles
se protègent elles-mêmes de leurs propres délits ; en réalité nous sommes
devant un système qui trouve toujours comment et qui punir, de façon
exemplaire et spectaculaire (coupable ou innocent), afin de pouvoir garder
intacts le grand commerce de la corruption ainsi que les structures
brutales du pouvoir qui maintiennent le pays entier submergé par la
violence.

Au Mexique ce n’est pas le système qui est corrompu, c’est la corruption
qui est le système. Ce n’est pas qu’il y ait de plus en plus de vides de
l’État, mais c’est que ce qui apparaît comme des vides est en réalité
plein de la nouvelle mutation de l’État mexicain : le Narco-Etat.

Le couple Abarca est une terrifiante démonstration du lien entre le
gouvernement et le crime organisé, mais le pire c’est que ce n’est pas le
seul ni le pire exemple, c’est précisément un exemple de ce que sont
devenues les institutions du Mexique. A  Iguala, les 43 étudiants de
Ayotzinapa sont également la terrible preuve que non seulement les actions
du Narco-État sont contre insurrectionnelles, qu’elles cherchent la
criminalisation des luttes, qu’elles cherchent à contrôler par la terreur,
qu’elles cherchent le génocide de l’espoir.

Dans ce Mexique brisé, sécurité signifie vivre terrorisé, entouré de
militaires et policiers, surveillé en permanence. Dans ce Mexique brisé,
les appareils des droits de l’homme sont utilisés pour s’assurer que les
véritables agresseurs échappent à la justice et puissent continuer à
agresser.

Dans ce Mexique brisé, l’ex-maire d’Iguala, José Luis Abarca, est accusé
de nombreux délits, mais pas de celui qui entraînerait la reconnaissance
de la responsabilité de l’État, celui de disparition forcée.

Dans ce Mexique brisé, María de los Angeles Pineda est maintenue aux
arrêts pendant 40 jours et Noemi Berrument Rodriguez, protectrice du
couple accusé, est laissée en liberté, tandis que ceux qui s’opposent au
système, ceux qui défendent la terre, ceux qui exigent justice, ceux qui
se solidarisent avec les familles des 43 étudiants disparus par l’État,
ceux qui éclatent d’indignation, sont immédiatement emprisonnés.

Dans ce Mexique brisé, le pouvoir se scandalise lorsque quelqu’un brûle
une porte en bois, tandis que pour les centaines de milliers de morts, les
centaines de milliers de disparus, les centaines de milliers de déplacés,
il n’y a que des montages médiatiques, de longs procès bureaucratiques, de
fausses condoléances, mais jamais de justice.

Le message derrière la façon dont tout a été fait à Iguala, derrière les
milliers de morts et de disparus dans tout le Mexique, c’est qu’aucune vie
n’a de valeur, et que depuis ces « nouvelles institutions », la façon de
gouverner c’est désormais la mort.

Pour toutes ces raisons, après que le monde ait espéré, par une enquête
rigoureuse une réponse quant à la situation des 43 normaliens disparus ,
il est indigne et douloureux de constater que les enquêteurs aient montré
non seulement leur incompétence mais également un impressionnant manque du
minimum de respect envers les familles des victimes, et à travers elles,
envers toute la société, car leur unique objectif est de biaiser les
enquêtes afin d’occulter la vérité.

L’indignation a grandi, a débordé les places, croissant semaines après
semaines. Les manifestations, les actions, les grèves, démontrent que
malgré les mensonges, les montages, les calomnies et les tromperies de la
part du « Gouvernement mexicain »,  toujours absent lorsqu’il s’agit de
donner des réponses, le peuple mexicain et d’autres parties du monde, ont
fait leur le slogan « Vivants ils les ont pris, vivants nous les voulons
! »

Dans de nombreux endroits aussi bien au Mexique qu’à l’extérieur du pays,
des étapes importantes sont franchies rapidement vers de nouveaux cris qui
résonnent # Nous ne vous croyons pas, # C’est un coup de l’État # C’est
bon, j’en ai marre, #Nous sommes tous Ayotzinapa.

A Iguala la logique politique est devenue visible, celle qui a fait que
dans notre pays 180 milles morts nous font mal et que nous continuons
d’attendre plus de 20 milles disparus.

Aujourd’hui nous rejoignons la rage active des pères et des mères des
étudiants disparus, aujourd’hui nous leur disons que nous attendons que
les 43 reviennent, que nous ne croyons pas à la farce par laquelle ils
espèrent balayer cette indignation et cette rage générale. Ayotzinapa est
le début de quelque chose, qui grandit dans les salles de classe et dans
les rues.

Ces dernières semaines un mouvement qui clairement identifie qui ils sont
est en train de naître, dans ce nouveau processus la peur est en train de
reculer, il devient impossible de rester simple spectateur et cela ouvre
la possibilité de se demander :

Comment faire pour que notre énergie sociale parvienne à ouvrir une voie
qui permette à la société, depuis le bas,  d’imposer au gouvernement la
vérité avec toutes ses conséquences ? Comment continuer à avancer dans
cette nouvelle étape ?

Ayotzinapa ne fait pas seulement mal au Mexique, c’est le monde entier qui
a mal.

Lire la suite

Mort d’un manifestant au Testet – premier appel

Mort d’un manifestant au Testet – premier appel

A relayer au sein des comités et partout où vous le pouvez.

Suite à la nouvelle de la mort d’un manifestant lors du rassemblement au Testet, nous avons reçu de premières nouvelles de camarades de la zad de Notre Dame des landes présent sur place. La mise en cause directe des forces de l’ordre dans la mort du manifestant semble se confirmer. Un communiqué donnant des précisions à ce sujet sera envoyé ce soir depuis la zad du Testet.

Dans l’attente de ce communiqué, les personnes rassemblées sur place lancent un appel à ce que partout en France s’organisent dès que possible des manifestations devant les lieux de pouvoir.

Localement, ils appellent à manifester ce soir dimanche à 18h devant l’hotel de police à Gaillac et demain lundi à 14h devant la Préfecture.

Nous ne pouvons laisser passer cette mort. Organisons nous ! Réagissons !

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http://www.reporterre.net/spip.php?article6493

http://www.reporterre.net/spip.php?article6494

 

30 mois de résistance pour rien ? Le foyer Brindeau sera rasé !

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« Ce foyer c’est vraiment un symbole pour nous. Moi, quand je suis arrivée en France en 1977, j’ai trouvé ce foyer. Même ceux qui n’ont jamais été en Afrique [la deuxième génération], quand ils ont fréquenté le foyer, ils connaissent l’Afrique, ils connaissent leurs racines. Ils ont leurs oncles qui sont là-bas, ils voient leurs grand-pères. » Propos tenus par une manifestante en mars 2012.
La lutte, que les résidents de Brindeau ont souhaité très légaliste, pour tenter de conserver ce foyer, essentiel à la vie sociale de la communauté originaire d’Afrique de l’ouest, sera restée vaine. Depuis la fermeture des espaces collectifs en octobre 2012, imposée par la mairie, de nombreux havrais ont cessé de fréquenter le foyer, choqués de constater la destruction organisée délibérément par les autorités de ce qu’ils avaient parfois qualifié de « terre-mère ». Ce foyer faisait également partie de l’histoire de la ville, et plus largement du pays, qu’il a fallu reconstruire après la seconde guerre mondiale et qui s’est développé avec des industries qui manquaient de forces de travail. Entre les années 1950 et 1980, les foyers de travailleurs migrants étaient construits par et pour les entreprises (Brindeau avait été construit par Renault), permettant, avec des prix de revient très inférieurs à ceux du logement social, de « loger » beaucoup de travailleurs immigrés, avec un système de contrôle permanent et de non-droit. Grâce aux luttes des années 1970 et au mode d’occupation des travailleurs ouest-africains, les foyers sont devenus des espaces solidaires et de vrais centres culturels. Dans les années qui suivent, les changements politiques, avec à la fois une autorisation au regroupement familial, marquant la reconnaissance d’un droit à une vie familiale pour les migrants, et les débuts d’une politique de fermeture des frontières (lois Pasqua), ont pour conséquence un abandon des habitats pour célibataires au profit d’un logement « familial ». Les foyers ont cependant perduré en assurant une fonction différente de celle prévue initialement à travers la liaison avec les pays d’origine : lieux de rencontre et de rassemblement pour les différentes cérémonies, lieux de gestion d’associations villageoises concrétisant une véritable aide au développement des pays du Sud. Cette vie solidaire et communautaire est aujourd’hui visée par une politique d’état qui souhaite voir disparaître les espaces collectifs au profit d’une individualisation et d’une standardisation des espaces privatifs. Ainsi, les autorités ont-elles décidé la démolition du foyer Brindeau pour construire à sa
place une résidence sociale où les espaces sont pensés pour anéantir toute possibilité de vie commune. Non seulement, on condamne une forme d’organisation sociale respectueuse de la société française, mais on affirme aux résidents que c’est pour leur bonheur et qu’on sait ce qui est bon pour eux. Ces vieux Africains, malgré 40 ou 50 années de leur vie donnés à la prospérité française, seraient toujours de grands enfants…
L’opération s’avère particulièrement bénéfique pour le gestionnaire du foyer, Coallia, qui, en toute impunité, et dans l’indifférence politique générale, a pu s’abstenir de justifier l’absence d’entretien des locaux malgré la perception des redevances des habitants, qu’il a soumis de ce fait à un logement indigne, voire dangereux. Où est donc l’argent versé par les résidents à travers leurs contributions aux charges communes ? Ce gestionnaire, qui se présente comme une association, se réclamant de son fondateur Stéphane Hessel, est ainsi légitimé par les autorités politiques qui n’ont jamais cherché à questionner son fonctionnement et son attitude vis-à-vis de ses résidents, à qui il a imposé pendant de longues années des conditions de vie indécentes, et à qui il impose aujourd’hui une augmentation des frais de logement dans la future résidence sociale ainsi qu’un contrôle contraire au droit à la vie privée en ne leur accordant pas les droits habituels des locataires. Comme ce fut le cas dans de multiples démolitions opérées dans le cadre de l’ANRU, on a d’abord laissé les bâtiments se dégrader, puis le discours des institutions s’est appuyé sur un argumentaire dirigé vers le « bien des gens », censé résoudre des problèmes de « conditions de vie inacceptables ». Or, face à ce discours « humaniste », les résidents n’ont eu de cesse de dénoncer le manque de considération dont ils font l’objet. La concertation a laissé la place à une véritable guerre d’usure, avec des procédés continuels de harcèlement (menaces, procédures judiciaires à répétition, etc.), alors que les résidents demandaient simplement « une participation active dans le projet, nous qui sommes les premiers concernés », comme le rappelait très justement Gadjigo Baylo, porte-parole de leur association.
Sans prendre en compte ses habitants et leur apport à leur société d’accueil, nos responsables politiques ont donc décidé de faire table rase de ce foyer. La situation des résidents de Brindeau ne peut se dissocier du contexte local : Rouelles, Léo Delibes, Genevoix, Marin, … il y a encore au Havre une dizaine de foyers, pour l’accueil des jeunes, des femmes ou des travailleurs, issus de différents types d’habitat pensés pour personnes isolées, de l’accueil charitable aux logement d’entreprise. Ces lieux de vie sont aujourd’hui appelés à disparaître pour être transformés en « résidences sociales », avant que celles-ci ne deviennent, peut-être, des résidences pour personnes âgées qui seront, à terme, sans doute plus rentables. Mais que fera-t-on quand les trop pauvres ne pourront plus payer et qu’il faudra trouver une solution plus drastique pour contrôler les populations dites « dangereuses » ?
Alors 30 mois de résistance pour rien ?
Les seuls combats que l’on est sûr de perdre étant ceux que l’on ne mène pas, combattre pour le respect et la dignité reste une lutte pour la justice, riche d’enseignements, qui gardera toute sa valeur et son exemplarité. Malgré leur « déportation » (comme disent les anglais quand ils parlent d’expulsion) loin de leur cher quartier, puisqu’ils sont sommés par Coallia et la Mairie de dégager sous huit jours sinon ils risquent une expulsion manu-militari, les résidents restent unis contre l’adversité.
Le collectif de soutien aux résidents du foyer Brindeau

collectif.residants.brindeau@gmail.com    www.facebook.com/collectif.residants.brindeau

 

Le Vent de la Révolte – Appel à soutien -

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Trailer du film Le vent de le Révolte:  http://vimeo.com/65293951#at=0

¡ Compañeros y compañeras !

Ceci est un appel. Un appel à soutenir le film Le Vent de la Révolte. Un film auquel je travaille depuis le printemps 2012, et qui a à présent vraiment besoin d’un soutien financier pour avancer.

Le Vent de la Révolte traite de la résistance des communautés indigènes dans l’Isthme de Tehuantepec, au sud de l’État de Oaxaca, Mexique, contre les mégaprojets de multinationales qui veulent transformer la région entière en parc éolien (le plus grand de tout le continent américain…).

J’ai commencé à filmer avec les moyens du bord, puis j’ai reçu l’aide active et enthousiaste de deux professionnels français vivant au mexique depuis une bonne décennie, et eux-mêmes très engagés avec les communautés indigènes. Une dernière semaine de tournage est prévue pour février. Hélas, nous manquons cruellement de ressources financières, ne fût-ce que pour payer les frais divers, a fortiori pour payer le montage final.

Les télévisions, qui constituent généralement le débouché des films documentaires, ne sont pas intéressées. Aurais-je choisi de faire un sujet sensationnel plein de sang sur le narcotrafic, leur attitude eût été différente… Mais c’est le Mexique indigène et rebelle qui m’a attiré, celui qui est encore en mesure de lutter contre cette globalisation sanglante. Le projet ne peut donc compter que sur votre soutien.

Un appel à souscription a été déposé sur http://fr.ulule.com/vent-revolte/. Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, si chacun d’entre vous apporte une contribution, nous pourrons finaliser ce projet avant tout destiné à soutenir la lutte des paysans et pêcheurs indigènes de l’isthme contre des multinationales, espagnoles mais aussi françaises (EDF !), italiennes, danoises, néerlandaises, japonaises. Il y a une certaine urgence…

Vous pouvez aussi visiter notre page Facebook : https://www.facebook.com/Leventdelarevolte?ref=hl

¡ Compañeros y compañeras, merci de faire circuler autour de vous cet appel ! ¡ merci à vous de votre intérêt et de votre contribution éventuelle ! ¡ La lucha sigue !

Alèssi DELL’UMBRIA

Mario González met fin à sa grève de la faim, la lutte pour sa liberté continue !

Pendant une conférence de presse, la famille de Mario a confirmé que le 3
décembre dernier, le compagnon a décidé de finir la grève de la faim qu’il
avait commencé il y a 56 jours et qui avait pour but d’exiger sa
libération immédiate. D’autre part, les médecins qui l’ont suivi pendant
tout ce temps ont informé que le compagnon Mario était en train d’entrer
dans une phase où les dégâts collatéraux pourraient bien être
irréversibles.

Le compagnon Mario González se trouve toujours hospitalisé dans la prison
féminine de Tepepan, où ses amis et sa famille ont installé un piquet de
protestation pour mettre la pression sur les autorités et exiger la
libération immédiate du compagnon.

Pendant les 56 jours qu’a duré sa grève de la faim, nombreuses ont été les
lettres de solidarité, les actions, les évènements venant du Mexique,
d’Amérique Latine et d’Europe. À ce propos Mario a fait parvenir plusieurs
communiqués où il signalait « Je vous remercie infiniment, toutes et tous,
pour votre solidarité, vos lettres me remplissent de force et vos actions
me font sentir que tout n’est pas perdu ». « La révolte continue, et c’est
un chemin où il n’y a pas de retour en arrière ! » disait-il dans son
communiqué du 28 novembre. Lors de sa dernière déclaration et devant
l’insensibilité et le mépris de la juge et des autorités, Mario a signalé
« je ne pense pas leur donner le plaisir de me voir mourir ici ».

Bien que la grève soit finie, la famille et les amis de Mario lancent un
appel à continuer les manifestations de soutien jusqu’à ce que Mario sorte
libre et pour lui rappeler qu’il n’est pas tout seul.

Mario no está solo!
Libertad a todxs!

Sources CNA et Solidaridad Mario Gonzales

Rappel des faits :

Le 2 octobre 1968, à quelques jours de l’imposition des Jeux Olympiques,
le gouvernement de Gustavo Díaz Ordaz et son Ministre de l’intérieur, avec
l’aide de l’armée, réprimèrent brutalement la révolte étudiante en
assassinant plus de 300 personnes et en faisant 700 blessés et 6000
arrestations. Le 2 octobre 2013, une manifestation de plusieurs milliers
de personnes à Mexico commémorait le quarante-cinquième anniversaire du
massacre des étudiants en 1968. Mario a été arrêté dans un transport
public avec d’autres compagnons, quelques heures avant la manifestation
commémorative du 2 octobre à laquelle il se rendait. Actuellement il y a
huit autres prisonniers, en plus de Mario, incarcérés: Erick Leonel
Aguilar Ruiz, Cristian Antonio Carmona Emmer, César Uriel Cruz Elías,
Carlos Jhasi Jarquín Peña, Hugo Guillermo Mejía Ventura, José Luis Ramírez
Alcántara, Aztlalli Cabrera Prado et Irene Pérez Villegas, tous détenus
ensemble de façon arbitraire alors qu’ils se rendaient à la manifestation
du 2 octobre 2013.

Plus d’infos et Vidéo sur: http://liberonsles.wordpress.com/

Communiqué de Mario, 28 novembre 2013

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À tous et à toutes les ingouvernables du monde
À toutes les organisations solidaires
Aux médias libres
Au peuple en général

À 51 jours de ma grève de la faim, je veux remercier avant tout les gens
qui de diverses façons se solidarisent avec la lutte pour ma libération.*

Aujourd’hui, depuis ma chambre à l’hôpital de Tepepan, j’ai entendu les
cris réclamant ma liberté. Votre présence me nourrit et me remplit de
force.

Le 26 novembre, une fois de plus, la juge a suspendu mon audience, c’est
évident qu’elle n’en n’a rien à cirer de mon état de santé, elle suit la
consigne de me maintenir enfermé (bien qu’elle n’ait pas les éléments pour
le faire) et ainsi de me laisser mourir ici, mais cela ne sera pas si
facile, car notre effort ne peut pas passer inaperçu et même s’ils ne
veulent pas me libérer tôt au tard nous réussiront à obtenir ma liberté.

Ces pauvres fonctionnaires et politiciens ne peuvent croire que nous
soyons capables de donner notre vie pour un rêve, tandis qu’eux se
prennent pour des dieux, soutenus par leurs lois qui restreignent notre
liberté. Ils veulent nous punir, nous les incorruptibles, les
incorrigibles qui n’accepterons jamais ni leur jeu ni leurs règles, ni de
nous contenter de leurs miettes.

Je suis confiant, nous nous verrons bientôt dans les rues, et je sortirai
d’ici.

« La révolte continue, et c’est un chemin où il n’y a pas de retour en
arrière ! »

28 novembre 2013
Mario González

*Aujourd’hui 2 décembre, Mario en sera à son 55e jour de grève de la faim.

Traduit par les trois passants / correction Myriam

Plus d'infos: http://liberonsles.wordpress.com/

Eoliennes Mexique ALERTE : RETOUR DU PROJET « mareña renovables »

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La trêve fut en définitive de courte durée… Il y a quelques mois, nous
étions nombreuses et nombreux de Juchitan, du Mexique et d’ailleurs à
penser fêter la victoire apparemment obtenue par les villages ikojts et
zapotèques de l’isthme de Tehuantepec contre le consortium international
« Mareña renovables » (lutte racontée dans le documentaire « somos viento »,
visible et en téléchargement à l’adresse mentionnée plus bas). Mais suite
aux déclarations du gouvernement de Oaxaca sur l’abandon du projet, les
villageois d’Alvaro Obregon avaient quant à eux affirmé de manière décidée
que pour leur part, ils ne lèveraient pas la garde et continueraient à
surveiller le passage d’accès à la barre Santa Térésa, où devaient
commencer les travaux de construction. Lire la suite

Projets inutiles dans le monde

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On ne demande à personne s’il souhaite voir une route traverser ses
forêts; s’il a décidé que son village soit inondé par un barrage; s’il
attend avec impatience que l’industrie minière emporte l’or et l’argent
extraits de ses territoires sacrés; s’il désire qu’un train passe à toute vitesse
dans sa vallée et la détruise; ou s’il a besoin d’un aéroport sur ses champs;
on ne demande à personne non plus de choisir entre le vent et la production
d’énergie dont il ne profitera même pas. La consultation, qui en plus d’être
un droit est un devoir, n’existe tout simplement pas quand arrive une
entreprise multinationale, toujours avec le soutien des gouvernements en
place, et impose une manière de voir le monde dans laquelle l’autre et son
environnement n’existe pas.
Estampillés du mot “progrès”, des centaines de mégaprojets inutiles
s’imposent dans le monde. Un Train à Grande Vitesse dans la Vallée de
Susa, en Italie; une centrale hydroélectrique à Belo Monte, au Brésil; un
aéroport à Notre-Dame-des-Landes, en France; des hôtels et terrains de
golf sur l’Archipel des Perles, au Panama; des mines sur le territoire
wixárika au Mexique et à Famatina en Argentine; l’agrobusiness au
Mozambique; une autoroute dans une forêt russe ou des entreprises
pétrolières sur des terres cultivables au Nigeria; ou une Ville Modèle sur le
territoire garinagu au Honduras sont seulement une partie de l’éventail que
nous partageons avec vous dans la seconde étape de notre Revue de
Quartier Desinformémonos.
Dans chacune de ces expériences, la constante n’est pas seulement la
barbarie, sinon l’effort des peuples pour refuser des projets qu’ils n’ont pas
demandés, dont ils n’ont pas besoin et qui ne font pas partie de leur mode
de vie. Parmi les formes de résistance on trouve des blocages de
machinerie, des manifestations, des activités artistiques, des occupations et
des barricades. L’autonomie est une des réponses pour faire face à la
charge avec une autre forme d’organisation locale qui met en évidence
l’inutilité des mégaprojets imposés.
Distribué en espagnol, russe, anglais, français, italien, allemand et
portugais, avec un regard global et communautaire, le présent numéro de la
Revue de Quartier Desinformémonos est la naissance d’une nouvelle étape
de ce projet de communication d’en bas et à gauche.
Espérons qu’il soit utile.

« Le Monde » : « Combattre Big Brother » et promouvoir Big Brother, c’est toujours vendre du papier (et des clics)

Bonjour,

Ce mardi 22 octobre 2013, Le Monde consacre quatre pages aux écoutes de la NSA, notamment sur le territoire français : « le public ne doit pas être maintenu dans l’ignorance de programmes d’écoute et d’espionnage prenant des dimensions telles qu’ils mettent à bas tout principe de contrepoids en démocratie. » Tardive découverte. Dès 2008, Pièces et main d’œuvre publiait Terreur et possession – Enquête sur la police des populations à l’ère technologique[1]. L’« affaire Snowden » vient confirmer un discours que nul au Monde n’a cru bon de relayer. C’est que le quotidien est une référence pour les promoteurs de l’industrie numérique. Cette « Nouvelle France Industrielle » qui, selon Hollande et Montebourg, va nous sortir de la « Crise ». Un jour, Le Monde s’offusque de la surveillance planétaire comme d’une prétendue « dérive » de la numérisation. Un autre, il fait la publicité du « Big Data » pour les industriels et pouvoirs publics : « L’analyse des gros volumes de données peut devenir d’une efficacité sans faille, ou presque. Elle permettra par exemple de proposer à un internaute une réclame ciblée ou à un patient un traitement sur mesure. »[2] Publi-reportage à l’appui. Or, si l’on numérise des pans de plus en plus vastes de nos vies, il n’y a pas à s’étonner que celles-ci soient connues, analysées, exploitées. La surveillance de la population est dans le projet cybernétique comme le fruit dans la graine.
(…)

Lire la suite du texte de Hors-Sol : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=448

Merci de faire circuler,
Pièces et main d’oeuvre

[1] Editions L’Echappée.
[2]  Le Monde, 15 octobre 2013.

***
Rappel :

Conférence-débat avec Pièces et main d’oeuvre :
« De la biologie de synthèse à l’humain augmenté (transhumanisme) » (et projection de « La révolte des Chimpanzés du futur »)
mercredi 13 novembre 2013 à 17h, au Salon Marjolaine de Paris (parc floral de Vincennes)

BRUITS DE BOTTES SUR MARSEILLE

nodredame

BRUITS DE BOTTES SUR MARSEILLE

 « Connais-tu ces mecs qui tchatchent, bla-bla-bla,

Des discours infinis, oui des discours en bois…

Ils parlent pour règner mais ne te calculent pas,

Pour eux tu peux crever, tu n’existes pas.

Il m’arrive parfois, de regarder les infos à la télé

Et de les voir délirer, je me dis tu dois rêver, tu dois être halluciné,

Comment tant de conneries peuvent être débitées ?! »

 Massilia Sound System

 Ce mardi 8 octobre, Libération a consacré sa rubrique « Portrait » à Samia Ghali, sénatrice et maire socialiste du 8º arrondissement de Marseille. L’article est signé par Olivier Bertrand, avec une photo de . Il ne doit rien au hasard, et le journaliste évoque de fait la candidature de l’intéréssée aux primaires socialistes, dont la première session va se dérouler dimanche prochain. Ces primaires devront désigner la tête de liste socialiste aux élections municipales de 2014.

 Samia Ghali s’était faite remarquer l’an dernier en appellant les autorités à envoyer l’armée à Marseille afin d’en finir avec le business de la drogue dans les quartiers nord et son cortège d’exécutions sommaires.

 Il est clair que Samia Ghali n’avait pas lancé cela sans l’avoir mûrement calculé -cette femme a du métier. Une telle déclaration lui permettait de se placer, balisant le terrain sur du long terme. Je l’avais vue quelque temps après sur une chaîne de télé nationale, où elle maintenait un discours sécuritaire du même tabac en se prévalant de sa condition de femme d’origine nord-africaine ayant grandi dans les cités des Quartiers Nord.

 Je bornerai ici mon propos à un énoncé simple, clair et net : il serait indécent qu’une personne qui a publiquement appellé l’armée à Marseille devienne un jour maire de cette ville. Car depuis la déclaration de Samia Ghali en juillet 2012 la surenchère n’a cessé d’enfler, au point où des sondages viennent à présent solliciter l’avis des Français sur l’éventualité d’envoyer l’armée à Marseille -l’opinion publique, ça se fabrique, et notamment à coups de sondages…1 Le mot d’ordre se banalise, chaque fait divers sanglant permettant aux médias de rebondir sur le trampolino sécuritaire. Samia Ghali est elle-même revenue sur l’argument, qui déclarait en août dernier à la suite d’une agression commise à l’Hôpital Nord qu’après tout, s’il y avait déjà des soldats dans les gares, pourquoi pas aussi dans les hôpitaux ? Et pourquoi pas aussi dans les écoles, les supermarchés ou les discothèques ? Lire la suite

DERNIERES NOUVELLES DE LA LUTTE CONTRE LES EOLIENNES DANS L’ISTHME DE TEHUANTEPEC.

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DERNIERES NOUVELLES DES COMPAS DE LA LUTTE CONTRE LES EOLIENNES A JUCHITAN ET DANS L’ISTHME DE TEHUANTEPEC, OAXACA, MEXIQUE

—-
1. Appel à aide financière pour l’achat d’un nouveau transmetteur radio
2. APPEL URGENT afin d’éviter que ne coule le sang à Playa Vicente, Juchitan
3. Communautés indigènes de San Mateo del Mar, inondées et abandonnées par
les autorités publiques.

video -sous-titres français- sur la lutte à Juchitan:
http://www.youtube.com/watch?v=MtHc31YeUpI

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NE VIVONS PLUS COMME DES ESCLAVES

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NE VIVONS PLUS COMME DES ESCLAVES (FR) http://nevivonspluscommedesesclaves.net
ou lien direct : http://youtu.be/rpqk24qvoR4

Internet ne permet qu’une qualité moyenne tant au niveau du son que de l’image, c’est pourquoi nous vous invitons à venir nous retrouver dans les projections-débats pour savourer l’ambiance, entrer dans l’image, vivre les situations, apprécier les musiques, assister ou participer aux débats (version cinéma en 16/9, définition 1920x1080p full HD, son mixé en auditorium par Anne Merlieux et Antonin Dalmasso, musiques de Ta Limania Xena, Cyril Gontier, Serge Utgé-Royo, Jean-François Brient, Χασμωδία, Raoul Vaneigem, Madame Nesia, Martyn Jacques, Μεθυσμένα Ξωτικά, Horror Vacui et Alpha Bang).
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/spip.php?rubrique15

La Liberté selon les Zapatistes

La petite école : Notes sur le cours « La Liberté selon les Zapatistes »

Après une série de communiqués sur « la petite école », nouvelle étape dans le cheminement zapatiste, et après que les zapatistes eurent choisi les groupes, collectifs, organisations, syndicats, individus très divers qui participeraient à cette étape d’échange et d’apprentissage, environ 1600 élèves hommes, femmes, enfants, vieillards et vieillardes, de partout dans le monde, se rendirent du 12 au 17 août 2013 au Centre de Formation Intégrale -Unitierra à San Cristóbal de Las Casas au Chiapas, ainsi qu’aux cinq Caracoles zapatistes, pour suivre le cours du premier niveau intitulé « La liberté selon les zapatistes ».

Les expériences furent très riches, diverses et circulent déjà un peu partout dans des journaux nationaux et internationaux, sur des blogs et des sites internet. Les photos et les vidéos circulent aussi un peu partout, les traductions commencent à se répandre ainsi que l’envie de partager cette expérience profonde et inoubliable pour certains d’entre nous.

Voici quelques articles qui parlent de cette expérience et que nous partageons avec vous.

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La « Nouvelle France Industrielle » : Quand l’Etat organise la « planète intelligente »

Bonjour,

La “Nouvelle France Industrielle”, c’est le nom du énième plan de réindustrialisation du pays depuis les années 1980, lancé par François Hollande et Arnaud Montebourg, ministre du “Redressement productif”.

Ce plan, divisé en 34 secteurs qui vont du numérique aux nanotechnologies, en passant par les nouvelles sources d’énergie, vise officiellement la (re)création de 480 000 emplois.

Ce plan est une escroquerie et une ineptie.

1) Certes l’emploi n’a pas d’odeur, et les voix des chômeurs, toujours plus nombreuses, peuvent compter dans les élections à venir. Mais ils ne verront pas la couleur de ces 480 000 emplois. Les secteurs “à forte valeur ajoutée” pour les investisseurs ne sont pas dans l’industrie. On continuera à exporter la production chez les prolétaires du sud, ou à la confier aux robots.
Les secteurs financés par ce plan visent en réalité des gains de productivité, autrement dit la destruction d’emplois.

2) Ce plan est en réalité un plan de développement des hautes technologies pour la mise en place de systèmes de gestion des ressources et des populations, après 150 ans de guerre mondiale au vivant par le technocapitalisme. Cette “Nouvelle France Industrielle” n’est en fait que la version locale de “la troisième révolution industrielle”, et l’application des plans de “planète intelligente” conçus par IBM.

3) La “planète intelligente”, la “troisième révolution industrielle”, ne sont que les pseudonymes du “capitalisme vert”, du “Green New Deal”, des “éco-technologies” ; bref, de tous les nouveaux moyens de la tyrannie technologique pour maîtriser une population planétaire décuplée, face à la pénurie alimentaire et à la destruction du milieu naturel.

La technologie, c’est de la politique. Le fascisme qui vient, c’est celui-là.

« Les limites nécessaires à la préservation de la vie seront calculées et planifiées centralement par des ingénieurs écologistes, et la production programmée d’un milieu de vie optimal sera confiée à des institutions centralisées et à des techniques lourdes. C’est l’option technofasciste sur la voie de laquelle nous sommes déjà plus qu’à moitié engagés. » (André Gorz, Ecologie et liberté, 1977)

Lire La « Nouvelle France Industrielle » : Quand l’Etat organise la « planète intelligente » sur : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=437

Merci de faire circuler,
Pièces et main d’oeuvre

Dernières parutions dans la collection Négatif (éditions l’Echappée) :

Sous le soleil de l’innovation, rien que du nouveau !, par Pièces et main d’oeuvre
suivi  de Innovation scientifreak : la biologie de synthèse, par F. Gaillard

L’Enfer Vert, un projet pavé de bonnes intentions, suivi de Critique de la planification écologique, par TomJo

Adieu Le Monde, vive Reporterre

Hervé Kempf      lundi 2 septembre 2013


Ce 2 septembre, quinze ans et un jour après y être entré, je quitte Le Monde : en ce lundi, le dernier lien juridique entre ce journal et moi est défait, par le « solde de tout compte ».

Que je quitte volontairement un titre prestigieux étonnera peut-être. Mais certes moins que la raison qui m’y pousse : la censure mise en œuvre par sa direction, qui m’a empêché de poursuivre dans ce journal enquêtes et reportages sur le dossier de Notre Dame des Landes.

Au terme de l’histoire que je vais ici retracer, il ne me restait qu’une issue, si je voulais conserver la liberté sans laquelle le journalisme n’a pas de sens : abandonner le confort d’un salaire assuré et de moyens de travail avant que soit étouffée la dernière marge d’expression qui me restait, la chronique Ecologie.

Abandonner le journal fondé par Hubert Beuve-Méry et vendu en 2010 est une libération. Je me lance dans l’aventure du site Reporterre, parce que plus que jamais, une information indépendante est nécessaire pour rendre compte du phénomène le plus crucial de l’époque, la crise écologique.

On trouvera ci-après le récit des événements ouverts le 5 novembre 2012 et qui ont conduit à cette décision. Les lecteurs qui en auront le temps trouveront dans C’était un autre monde une présentation de mon travail antérieur dans ce journal qui éclairera le contexte de cette affaire.

Rappelons simplement quelques dates :
- création du service Planète : octobre 2008 ;
- création de la chronique Ecologie : février 2009 ;
- prise de contrôle du Monde par MM. Bergé, Niel et Pigasse : juin 2010.

Notre Dame des Landes : il est interdit d’enquêter

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Communiqué en solidarité avec les familles déplacées au Chiapas

Face a la désinformation officielle sur le cas des déplacés de la Colonie Puebla, Chenalho, Chiapas, et l´inactivité des autorités quant a leur retour, pres de 60 collectifs de plus de 12 pays et 100 individus se solidarisent avec leurs freres et soeurs déplacé-e-s et exigent la détention immédiate des évangélistes qui ont séquestrés le Pere Manuel et les leaders, Agustin Cruz Gomez, et Jacinto Arias Cruz, et exigent également le retour avec sécurité des 100 déplacés.

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A la Société Civile des Abejas,
Aux Bases d´appui Zapatiste,
A la Junta de Buen Gobierno De Oventik,
A nos frères et Soeurs de la Colonia Puebla, Chenalho,
A la Société Civile,
Aux médias libres et rebelles,

Nous, comme collectifs Européens et du Monde, une fois de plus nous nous mobilisons et crions notre YA BASTA face aux derniers faits qui se sont déroulés dans la communauté Colonia Puebla, Chenalho. Nos cœurs restent meurtris de savoir et de voir de nouveau au Chiapas, qu´ont été déplacés les familles de cette communauté. Nous partageons la douleur de ces compagnons et compagnes, qui ont dû laisser leur affaires, leur terrain, leur champ, pour sauver leur vie des hauts dangers et menaces d´un groupe de plus de 1000 personnes dans la communauté de Colonia Puebla. Lire la suite

Politis et le transhumanisme : une autre réification est possible

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jeudi 22 août 2013 par Hors-sol et Pièces et main d’oeuvre

Nous avions appris à l’école que depuis la Révolution de 1789, il y avait en France une droite et une gauche.

La droite rassemblait le parti de l’Ordre, le parti de la Tradition, des conservateurs, voire des réactionnaires. En un mot, le parti de l’oppression.

La gauche, elle, rassemblait le parti du Mouvement, celui du Progrès, des réformistes, des révolutionnaires, enfin, le parti de l’émancipation.

Dans les faits, bien sûr, il y avait une droite révolutionnaire (comme il y a des poissons volants) et une gauche libérale qui enrageait les militants : « Ils font une politique de droite », « ils sont pire que la droite », bref, une « Deuxième droite » justement et férocement empalée dans le livre éponyme de Jean-Pierre Garnier et Louis Janover (réédition Agone 2013).

Cependant, on ne peut sempiternellement glapir que la gauche ne vaut pas mieux que la droite, sans conclure à la longue que la droite ne vaut pas moins que la gauche. A la fin, une question nous tracasse : la droite ne serait-elle pas une deuxième gauche (patapouf et rantanplan) ? Une deuxième gauche qui finirait toujours par se rallier à la première, notamment dans le domaine sociétal, et dans celui de l”l’innovation”, avec un lustre ou deux de retard ?

Innovation et accélération technologique aidant, le parti du mouvement a rejoint celui de l’oppression. « La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner toujours plus avant les instruments de production, donc les rapports de production, donc l’ensemble des rapports sociaux. La conservation sans changement de l’ancien mode de production était au contraire la première condition d’existence de toutes les classes industrielles du passé. Le bouleversement continuel de la production, l’ébranlement ininterrompu de toutes les catégories sociales, l’insécurité et le mouvement éternels, distinguent l’époque bourgeoise de toutes celles qui l’ont précédée. » (Le Manifeste du parti communiste, 1848).

Témoin de cette communion de la gauche et de la droite dans la fuite en avant technologique, le dossier estival de l’hebdomadaire de gauche Politis consacré au transhumanisme (c’est-à-dire à l’anthropophobie), qui célèbre l’inévitable. Titre de ce dossier : « L’homme augmenté, c’est déjà demain ».

Pour une lecture critique de ce numéro collector, voici « Politis et le transhumanisme : une autre réification est possible »   Politis_et_anthropophobie-2

Lettre des habitant·e·s de La Fontié aux zapatistes, au Congrès national indigène et à leurs ami·e·s

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Aux communautés zapatistes en résistance,
aux municipios autonomes,
aux conseils de bon gouvernement,
à toutes les bases de soutien,
miliciens et miliciennes,
insurgé·e·s de l’EZLN.

Au Congrès national indigène,
aux élèves et enseignant·e·s de la Petite École

Tout d’abord, permettez-nous de vous saluer, et de vous transmettre nos vœux de réussite pour les actions et événements que vous organisez en cet été 2013, à l’occasion du dixième anniversaire de la mise en place des conseils de bon gouvernement, dans vos cinq caracoles. Nous regrettons de n’avoir pu nous rendre aux sessions de la Petite École, mais espérons pouvoir le faire dans une autre occasion…

Qui sommes-nous ?

Nous sommes un groupe de personnes, d’âges différents (nous appartenons à deux, et bientôt trois générations), qui avons décidé de remettre ensemble les pieds sur terre, pour y expérimenter le besoin d’autonomie collective et solidaire que nous inspirent quotidiennement les impostures et les crises humaines et écologiques du système capitaliste.

Nous voulons réinventer des formes de vie en commun, en nous appuyant sur notre mémoire, sur l’expérience d’autres parties de l’humanité — hier et aujourd’hui — et sur nos propres désirs et rêves.

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Des foyers de résistance du Mexique jusqu’à Nantes

entonnoir —  13 mai 2013

Éoliennes dans l’isthme de Tehuantepec (Mexique), lignes THT (Très Haute Tension) au Chevresne (France), TGV entre Lyon et Turin, forêt détruite en Tasmanie, mines de charbon européennes à Hambach (Allemagne), scierie dans le Morvan (France), stade de foot à Décines (France), autoroute dans la forêt de Khimki (Russie)… Que peuvent avoir en commun tous ces projets ? Chacun d’entre eux est contesté et épinglé dans la catégorie « grands projets inutiles » par des militants de tous bords qui déploient tous les moyens possibles, légaux ou non, pour empêcher leur réalisation.

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Après les rassemblements visant à empêcher la tenue de grands sommets (G8 ou de l’OTAN), ces camps de résistances locales s’internationalisent et drainent quantités de militants et d’activistes qui s’installent parfois à durée indéterminée et se mêlent aux habitants pour contester la légitimité de ces chantiers. Les médias parlent peu ou pas de la vie quotidienne, des méthodes d’action et de la cohabitation dans ces espaces de lutte. Pourtant, des questions fondamentales y voient le jour.

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Nous sommes le vent, la mer et l’air, notre vie et notre lutte

L’isthme de Tehuantepec (État d’Oaxaca, Mexique) est une des régions les plus venteuses du monde. Pour cette raison, depuis 1994 se construisent beaucoup de parcs éoliens, promettant le développement mais en réalité trompant les propriétaires terriens.

En 2012, un des nombreux conflits s’intensifia par la tentative de construction du parc éolien de San Dionisio del Mar. Plusieurs communautés issues de différents villages indigènes s’unissent alors pour résister au mégaprojet.

Le documentaire Somos viento (Nous sommes le vent) se concentre sur les réalités et opinions des habitants de cette région, donnant la parole à ceux qui n’apparaissent pas dans les médias de masse. De plus, il montre le discours de l’« énergie verte » et du « développement propre », offrant un panorama plus large pour nous aider à comprendre la logique et le fonctionnement de ce genre de mégaprojets.

Nous sommes le vent (sous titré en français) :https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=vtW69wG5aKQ#at=269

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source: http://www.lavoiedujaguar.net/Nous-sommes-le-vent-la-mer-et-lr & Somos viento

 

À Notre-Dame-des-Landes comme ailleurs, défendons nos rêves et cultivons nos révoltes !

jeudi 8 août 2013, par ZADvinci dégage!

Le forum « On ne lâche rien ! Ni ici ni ailleurs ! », organisé les 3 et 4 août 2013, a commencé avec des prises de parole des organisateurs, de l’ADECA, d’occupant·e·s de la ZAD, de COPAIN, de « Sème ta ZAD ».

Voici celle qui a été dite à partir du mouvement d’occupation.

On va tenter de dire une parole à partir du mouvement d’occupation. On ne représente pas le mouvement d’occupation, qui est plus que jamais multiple et diversifié.

Ici sur la ZAD, nous sommes un certain nombre à avoir choisi d’occuper terrains et maisons menacés par le projet d’aéroport depuis 2007 suite à l’appel d’un groupe d’habitant·e·s. Nous avons choisi d’être présent·e·s pour tenter d’entraver chaque étape du projet : travaux préliminaires, consultation publique, procédures d’expropriation et d’expulsion. Mais aussi d’y tisser des liens avec les habitant·e·s du coin, d’y expérimenter des formes de vie et de solidarité en rupture avec celles que le capitalisme nous impose. Lire la suite

Faut-il changer la nature de la filiation ?

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mercredi 31 juillet 2013 par Hervé Le Meur

La revue l’Ecologiste (disponible en kiosque et par correspondance sur www.ecologiste.org) publie dans son numéro d’été 2013 un article d’Hervé Le Meur, consacré à la reproduction artificielle de l’humain (RAH), PMA en novlangue (Procréation médicalement assistée).

Cet article réussit la prouesse d’exposer en trois pages claires et concises, les enjeux liés à la nature de la filiation, et les bouleversements que la social-technocratie « post-moderne », « libérale libertaire », entend lui infliger, notamment à la suite du « mariage pour tous » (c’est-à-dire homosexuel). Haine de la nature, de tout ce qui naît, par opposition à ce qu’on fabrique. Haine de l’inné. Haine de la maternité, des mères et des pères. Biophobie et anthropophobie. Manipulations génétiques et manipulations de langage (les unes ne vont pas sans les autres). « Dérives » (prétendues dérives) eugénistes et marchandes.

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- En un mot, résuma le Directeur, les parents étaient le père et la mère. – Cette ordure, qui était en réalité de la science, tomba avec fracas dans le silence gêné de ces jeunes gens qui n’osaient plus se regarder. – La mère…, répéta-t-il très haut, pour faire pénétrer bien à fond la science ; et, se penchant en arrière sur sa chaise : – Ce sont là, dit-il gravement, des faits désagréables, je le sais. Mais aussi, la plupart des faits historiques sont désagréables.

(Le Meilleur des Mondes, A. Huxley, 1932)

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Entre autres obscénités, Hervé Le Meur évoque « une tendresse pour ce qui est naturel, c’est-à-dire non produit ou contrôlé par un Expert et, parfois, moins efficace, moins joli ». Bizarre, comment peut-on préférer de vraies fleurs qui se fanent et pourrissent à des fleurs en plastique dont on peut acheter exactement la forme et la couleur, et qu’on n’a pas besoin d’arroser. Le plastique c’est fantastique. Il ajoute :  » La nature est un impératif pour nous rappeler le principe d’altérité et nous éloigner de la volonté de toute puissance ». Bioconservateur et illusoire de toutes façons. On sait bien, maintenant, que tout ce qui est imaginable, et surtout le pire, sera réalisé. Ce n’est qu’une question de temps, d’argent, d’avancée scientifique, d’éducation de la société par de scrupuleux comités d’éthique. Et puis « l’altérité », ne serait-ce pas un concept hostile à l’égalité pour tous ? Heureusement nous sommes tous de plus en plus égaux ; tous pareils ; tels des foetus en kit personnalisés. Merci Ikea ! Merci Baby World Company !

Nous mettons en garde nos lecteurs de gauche, notamment ceux du Monde, auditeurs de France Culture et France Inter, et toutes les personnes sensibles, quant au contenu de cet article. Nous leur suggérons de se réconforter ensuite par la lecture du dossier d’été de Politis, à la gloire du transhumanisme et de l’homme augmenté, bientôt issu des meilleurs utérus artificiels.

Pour ceux qui veulent comprendre la manière dont l’innovation technologique et le progrès révolutionnent nos vies, nos corps, nos rapports sociaux et jusqu’à notre idée de l’espèce humaine, voici donc ce texte intitulé : « Faut-il changer la nature de la filiation ? » Lire la suite

Premier rapport métagraphique sur la destruction d’Alger

  • Des auteurs de ce « premier rapport métagraphique sur la destruction d’Alger », on ne sait pas grand-chose, hormis qu’ils vivent à Alger et y éditent depuis deux ans une revue sauvage d’inspiration lettriste et situationniste intitulée El Khelwé. Mais quand ils nous fait parvenir ce texte étrange, chargé de rage et de poudre, on a pas hésité longtemps à le publier. Dont acte.

    Incipit A11 : Ce texte nous a été adressé suite à la publication d’un article de Nedjib Sidi Moussa, Les spectres algériens de Guy Debord. Non comme une réponse, mais une continuation. Ses auteurs expliquaient ainsi dans leur mail : « Nous avons été extrêmement réconfortés de lire cet article sur votre site. Il faut savoir que les espaces médiatiques libérés n’existent plus en Algérie. Pour des libertaires comme nous, ce sont des années de plomb. ON a entre 20 et 25 ans et avons une culture qui inclut largement Debord « et ses arabes ». Mohamed Dahou n’est pas un inconnu pour nous. ON sait aussi jouer avec les mots. » Ils ajoutaient : « Voici un texte qui ne va pas vous laisser indifférent. » Ils avaient raison.

    Premier rapport métagraphique sur la destruction d’Alger Lire la suite

Humanité 2.0 : Linky, l’Enfer Vert et le techno-totalitarisme

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Afin d’offrir aux écologistes de son gouvernement des prétextes pour y rester, et d’ouvrir un nouveau marché à l’innovation, Jean-Marc Ayrault annonce mardi 9 juillet 2013 le remplacement de tous les compteurs électriques par des compteurs intelligents Linky pour un montant de 5 milliards d’euros. « Trois millions de compteurs Linky seront installés par ERDF d’ici 2016 et tous les logements en seront équipés d’ici 2020 ». Pour Pascal Durand, numéro 1 d’Europe-Ecologie Les Verts, « c’est une vraie rupture et le début d’une transition ». On ne saurait mieux dire. Avec Linky, l’Enfer Vert (1) s’installe à domicile. Un progrès pour le techno-totalitarisme dans notre pays, dont le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, refuse l’asile à Edward Snowden, traqué par les Etats-Unis pour avoir étalé leur programme d’espionnage électronique mondial. Lire la suite

L’Etat français aurait-il peur de trouver des solutions durables pour les Roms ?

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L’Etat français aurait-il peur de trouver des solutions durables pour les Roms ?

Par Stany Cambot (19 juillet 2013)

Le 16 juillet, 80 personnes dont 45 enfants ont été expulsés du bidonville du quartier de l’Eure, au Havre. Depuis plusieurs mois, des associations locales s’attachaient avec ces habitants « à aménager collectivement l’enfer ». Dix jours plus tôt, elles avaient soumis à la sous-préfecture un projet alternatif d’accompagnement global de ces familles Roms. Il prévoyait notamment l’établissement d’un permis précaire d’un an. Comme seule réponse, « des uniformes, le siège du bidonville, puis l’expulsion », témoigne Stany Cambot, du groupe culturel Échelle inconnue.

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« … Qu’enfin on danse sur les ruines de cette porcherie »

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[« … Qu’enfin on danse sur les ruines de cette porcherie »] Communiqué de prisonniers du QI de Neuvic-sur-l’Isle (Dordogne)

 On vous fait tourner ci-dessous un communiqué qui a été publié sur Indymedia Nantes et quelques autres sites internet…

Collectif Papillon, 3 juillet 2013

 

COMMUNIQUÉ ET APPEL À SOLIDARITÉ DE PRISONNIERS DU CENTRE DE DÉTENTION DE NEUVIC-SUR-L’ISLE

Voici un communiqué sorti du centre de détention de Neuvic, par des prisonniers qui y sont en isolement. Malgré les conditions difficiles auxquelles ils font face, ils sont solidaires, et restent en lutte au quotidien face à l’administration pénitentiaire (AP). Ils souhaitent que ces informations circulent, et appellent à la solidarité à l’extérieur.

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Rumeurs et fantômes

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Gustavo Esteva  mardi 9 juillet

Quelle sorte de fantôme parcourt le monde aujourd’hui ?

Il a l’air bien différent de celui que Marx imagina en Europe en 1847. Un article dans The Guardian exprime à ce sujet une opinion assez générale, surtout parmi la gauche. En Égypte, de même qu’en Turquie ou au Brésil, le changement surgit de la rue… mais il manque d’organisation. Les protestations, si diverses dans chaque pays, ont en commun qu’elles « manquent d’une base organisationnelle cohérente ». Au fur et à mesure que le néolibéralisme vide de son contenu la démocratie et rend négligeable le sens du vote « tendent à prospérer des mouvements de protestation politiquement débutants… (qui) peuvent changer des états d’esprit, écarter des politiques et faire tomber des gouvernements »… mais n’arrivent pas bien loin. Ils ne sont que des feux de paille et échouent, ou bien des forces plus puissantes les prennent en otage et les dévient (Milne, The Guardian, 2/6/2013). C’est ce qui se serait passé avec Occupy Wall Street et #YoSoy132. Ces rébellions démocratiques urbaines ne parviennent pas à l’expression politique appropriée parce qu’« il leur manque encore le programme, les idées… la clarté théorique et politique » (Almeyra, La Jornada, 30/6/2013). Lire la suite

MARSEILLE 2013

http://www.youtube.com/watch?v=CEg1jMeTIjQ

Lancement de Marseille 2013 – la Corée du Nord revisitée fluo et fun

Alèssi DELL’UMBRIA

2013 sera l’année de Marseille, paraît-il. Promue « Capitale européenne de la culture », la cité est censée briller de mille feux et s’imposer à l’échelle du monde. Un vaste enfumage, entre gentrification tous azimuts et marketing urbain. Retour sur le lancement (raté) d’une mascarade. Lire la suite

Daniel Mermet ou les délices de « l’autogestion joyeuse »

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Ce n’est jamais un plaisir de « tirer » sur son propre camp. Mais quand l’une des personnalités les plus influentes de l’audiovisuel « de gauche » adopte au quotidien des techniques de management dignes du patronat néolibéral le plus décomplexé, difficile de détourner les yeux. Enquête sur l’animateur un brin schizophrénique de « Là-bas si j’y suis », l’émission culte de France Inter. Lire la suite

Workshop (3) : Usages militants, artistiques et documentaires de la photographie

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Aprés les workshop (1) consacrés aux photographies de Marc Bernardot et (2) à celles de Roger Legrand, voici le (3).

Projection d’un film de Fabienne Derouin sur  » l’habitat hors normes » vu d’un bus de Constantza. Il s’agit d’un court film expérimental et militant, qui doit s’insérer dans le projet MKN-Van d’échelle inconnue.

RDV le 28 juin à AC! 19h 97 rue michelet Le Havre

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Bas les pattes devant Snowden, Manning, Assange et les résistants au techno-totalitarisme

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Nul ne peut plus nier ce que les opposants à la tyrannie technologique dénoncent depuis des années : les objets intelligents qui envahissent nos vies (ordinateurs, Internet, téléphones mobiles et smartphones, GPS) donnent au pouvoir les moyens de la surveillance généralisée.

En dévoilant des documents secrets, un ex-agent américain révèle que la NSA (Agence nationale de sécurité) espionne les internautes du monde entier, dans le cadre du programme clandestin « Prism » mis en place par George Bush et poursuivi par Barak Obama. Sont visés les utilisateurs d’Internet et des « réseaux sociaux » (Google, Facebook, Apple, Youtube, Yahoo, Skype, DropBox, Microsoft, AOL) soit, à l’ère numérique, à peu près tout le monde.

Les esprits forts diront qu’ils le savaient déjà. Les esprits forts savent toujours tout. Edward Snowden, lui, prouve ce qu’il dit. Et les médias du monde entier ne peuvent faire autrement que de publier ses déclarations, alors que les dénonciations des esprits critiques restaient confinées et refoulées à quelques milieux restreints. Lire la suite

« Je suis allé résister, je reviens de suite »

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La lutte qui a éclaté le 31 mai pour lutter contre la rénovation urbaine néolibérale — et en particulier la démolition d’un parc dans le centre d’Istanbul — a dépassé ses objectifs initiaux, et s’est transformée en un véritable soulèvement contre un régime démocratiquement élu quoique autoritaire. Bien qu’elle ait commencé dans le parc Gezi, voisin de la place centrale d’Istanbul, la place Taksim, le soulèvement s’est propagé rapidement à travers la ville et à l’ensemble du pays. Lire la suite

Compte-rendu et analyse parcellaire de la situation à Istanbul (16 juin)

203À choisir la manière forte, le pouvoir marche sur des œufs. Le mouvement semblait s’essouffler quand la police a évacué avec une grande brutalité le parc Gezi hier soir samedi.  Le moment actuel est critique. Aujourd’hui, Erdogan a fait un meeting fleuve devant des dizaines de milliers de ses partisans, répétant que les manifestants étaient des terroristes. Des manifestations pro-AKP commencent à se former, elles croisent les autres, le risque de confrontation est grand. À l’heure où j’écris, les affrontements continuent dans les quartiers autour de la place Taksim. Il ne fait pas de doute que la violence de la répression alimente la poursuite d’un mouvement qui est lui-même né en réaction à une répression brutale et qui semblait avoir des difficultés à tracer des perspectives lui permettant de s’étendre et de se renforcer. Lire la suite

Tout a basculé à Taksim hier soir

Hier soir la guerre a été déclenchée par la police, je suis un témoin direct puisque j’étais sur place.

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La violence démesurée de la police a fait des centaines de blessés, le parc a été évacué de force avec gaz, jet d’eau contenant des produits chimiques causant des brûlures sur la peau, les balles en plastiques ont blessés des dizaines de personnes, dont une femme enceinte. Par ailleurs, des grenades cataplexiantes (incapacitantes) ont semé la terreur dans tous le quartier.

L’intervention a eu lieu alors qu’il n’y avait aucune manifestation, aucun rassemblement ni dans le parc Gezi, ni sur la place. C’était un samedi ordinaire et les habitants étaient venu avec leurs enfants pour prendre l’air dans ce parc.

Cette intervention a été faite hier à partir de 19h40 alors que la Plateforme de Taksim avait annoncé à 11h00 le retrait pacifique des occupants du parc dès lundi.

Les affrontements ont duré jusqu’au petit matin, j’étais coincé entre les barricades et la police. Je me suis réfugiée dans un passage commerçant, la police a même lancé le gaz à l’intérieur de tous ces passages où les gens s’étaient réfugiés. J’ai été gazée, et j’ai vu des gens tomber comme des mouches sur la rue Istiklal. Lire la suite

Bref rapport depuis la place Taksim (9 et 10 juin)

Source et traduction : dndf071

La première barricade semble impénétrable. Des centaines de briques empilées, des clôtures tordues, des voitures renversées, unies en un seul large bouclier de tôle ondulée avec de longues pointes de métal, comme prête à se défendre contre toute charge à cheval. Puis vous marchez encore dix mètres et apercevez la suivante, deux fois plus grosse, avec plus de briques, plus de barrières, des graffitis partout. Et puis on marche encore un peu plus et on en aperçoit une autre, et une autre, et une autre, et ça n’est pas seulement la rue principale qui est bloquée, mais toutes les rues secondaires et toutes les rues environnantes. Tous les trottoirs sont faits de sable, leurs briques arrachées et promis à de nouveaux usages. Des grappes de personnes occupent chaque barricade, posant pour des photos ; il y a là des vendeurs de bombes à peinture, de masques et de lunettes de protection entre chaque barricade. IPhone, iPad, et tous les i-appareils captent les moments de joie et de fierté pour tout le monde. Toutes les générations se retrouvent à sauter sur les voitures détruites, jouant à l’intérieur des véhicules, des bus, des camionnettes de presse. Les masques « Anonymous » sont omniprésents, tout comme les vendeurs de kofte, de maïs, de thé et, bien sûr, des drapeaux, des milliers de drapeaux rouges avec le visage du fondateur de la République, Mustafa Kemal Atatürk, mais aussi drapeaux trotskistes, anarchistes, féministes, et autres drapeaux. Les anarchistes se mélangent aux nationalistes, tandis que les hooligans, les écologistes, les anticapitalistes, les musulmans, les Kurdes du LGBT partagent chaque mètre de sol dans le parc Gezi, ce qui vous oblige à essayez de vous faufiler, épaule contre épaule, pour passer d’un côté à l’autre. Lire la suite

Géographie de la répression et de la résistance au Mexique

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lundi 10 juin 2013, par Francisco López Bárcenas

Menaces à Pedro Martínez et à sa famille, de la Coordination des peuples unis de la vallée d’Ocotlán, à cause de sa participation à la lutte contre la mine de San José del Progreso ; agressions à main armée contre Celestino Bartolo Terán et menaces à sa fille Sara Bartolo, dans l’isthme de Tehuantepec, à cause de sa participation à la lutte contre les entreprises de construction d’éoliennes ; exécution de Félix Martínez Santiago, un des leaders de l’Organisation des peuples indigènes zapotèques (OPIZ), ce 15 mai dans la communauté de Tierra Blanca, San Vicente Loxicha, tous dans l’État d’Oaxaca ; menaces de mort à l’avocate Estela Angeles Mondragón pour avoir défendu des communautés rarámuris face à l’invasion de leurs terres par des éleveurs de bétail, dans l’État de Chihuahua ; disparition de Teodulfo Torres Soriano, El Tio, depuis le 24 mars, dans le District fédéral ; ce sont là des faits qui dessinent une partie de la géographie de la répression dans ce Mexique. Ce ne sont pas les seuls [1], mais ils montrent qu’il ne s’agit pas d’un phénomène isolé, mais d’une réponse systématique à la résistance des peuples face à l’accaparement de leur terre ou à l’imposition de projets et qui s’étend sur tout le territoire mexicain. Lire la suite

Appel à la solidarité internationale contre la terreur d’État en Turquie

Les anarchistes révolutionnaires appellent à la solidarité internationale pour organiser une révolte générale contre le terrorisme d’État.

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https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=FERuqkf5wto#at=26

3 juin 2013.

La semaine dernière, un groupe de manifestants a commencé une action de sauvegarde de l’environnement après que quelques arbres ont été abattus illégalement au nom de projets de gentrification urbaine. Au deuxième jour de la protestation, très tôt le matin, la police a attaqué les manifestants avec des bombes de gaz, des canons à eau et des balles en plastique. De nombreuses personnes ont été blessées. Ce fut l’étincelle de la lutte contre ce terrorisme d’État qui s’est répandue dans tout le pays et s’est transformée en une action massive et organisée de révolte globale. Les gens impliqués contre l’augmentation des attaques, le terrorisme d’État et la violence de la police ont transformé les rues en zones de résistance. Cette révolte générale a grandi pendant quatre jours et se répand. Lire la suite